Avis d'experts

Déploiement du très haut débit - fibre optique en France [08/09/2009]

Hugues de Gromard

Les principales mesures et décisions réglementaires à fin août 2009 

Les pouvoirs publics ont engagé depuis plusieurs années des actions favorables au déploiement du haut débit et du très haut débit en France.

Cet article résume les principales mesures et décisions réglementaires prises depuis la loi LME (Loi de modernisation de l’économie) du 5 août 2008 pour favoriser le déploiement du haut débit et du très haut débit sur fibres optiques. 

Des dispositions complémentaires engagées par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) sont en cours d’évaluation et d’élaboration avec une approche réglementaire différenciée en fonction de la densité de population des zones d’habitat (zones très denses, zones en dehors des zones très denses).

Un plan de financement est en cours d’étude (grand emprunt) par les pouvoirs publics en France pour le déploiement du haut débit et du très haut débit en particulier en dehors des zones très denses. 

La Commission européenne vient de lancer une consultation publique en ligne jusqu’au 9 octobre pour bâtir une nouvelle stratégie de développement dans le domaine de l’économie numérique.

Le très haut débit, une priorité nationale visant à :
- disposer rapidement d’un cadre réglementaire clair et incitatif en France et en Europe ;
- mettre en place un cadre de financement permettant de libérer les investissements et de démarrer immédiatement la construction d’infrastructures « structurantes » en fibres optiques sur tout le territoire.
Les investissements stratégiques consentis pour généraliser le vrai haut débit (10 Mbit/s) et le très haut débit (1 Gbit/s) pour tous seront source de création d’emplois. Ils participeront à la relance économique, à la compétitivité de la France et seront durables pour les générations futures.

 

Chronologie des principales mesures en faveur du très haut débit



Pour accéder directement aux dates clés, cliquez sur la date de votre choix:
  • 28 Juillet 2009 : Projets de décisions et de recommandations de l’ARCEP
  • 20 juillet 2009 : Proposition de loi adoptée par le Sénat
  • 20 mai 2009
  • 20 avril 2009
  • Janvier 2009 : Décrets d’applications du développement de l’accès au très haut débit de la loi LME (Article 109)
  • Octobre 2008 : Plan de développement de l’économie numérique : FRANCE NUMERIQUE 2012 d’octobre 2008
  • Août 2008 : Loi de Modernisation de l’Economie (LME) du 5 août 2008

     

    28 Juillet 2009 : Projets de décisions et de recommandations de l’ARCEP
    L'ARCEP a soumis à consultation publique, du 22 juin au 22 juillet 2009, des projets de décision et de recommandation relatifs aux modalités du déploiement et de l'accès aux lignes de communications électroniques à très haut débit en fibre optique. 

    À la suite des contributions reçues lors de cette consultation publique ainsi que des travaux et échanges complémentaires effectués durant cette période, l'ARCEP a préparé une version des projets tenant le plus grand compte des commentaires des acteurs (Alcatel, Avicca, Bouygues Télécom, Covage, Eutelsat, France Télécom, Free, Grand Lyon, Numericable, SFR, Sipperec, Sycabel, UFC Que Choisir, Villejuif).

    Ces projets ont été transmis le 28 juillet 2009 pour avis à l'Autorité de la concurrence et rendus publics.
    Au vu de cet avis, l'Autorité notifiera ensuite les projets de décision et de recommandation à la Commission européenne et aux autorités compétentes des autres Etats membres, puis, après adoption de la décision, la transmettra pour homologation au ministre chargé des communications électroniques, avant sa publication et son entrée en vigueur.

    Sur la base de la décision et de la recommandation, chaque opérateur publiera, avant la fin de l'année, une offre d'accès à l'attention des autres opérateurs permettant ainsi le déploiement rapide de la fibre optique, notamment dans les zones très denses.

    Les documents associés
    - Projet de décision de l'ARCEP transmis pour avis à l'Autorité de la concurrence relatif aux modalités de l'accès aux lignes de communications électroniques à très haut débit en fibre optique et aux cas dans lesquels le point de mutualisation peut se situer dans les limites de la propriété privée

    - Projet de recommandation de l'ARCEP transmis pour avis à l'Autorité de la concurrence relatif aux modalités de l'accès aux lignes de communications électroniques à très haut débit en fibre optique

    L’ARCEP propose :
    - la définition d’un cadre technologiquement neutre qui préserve l’avenir ;
    - la définition des cas dans lesquels le point de mutualisation peut être situé dans les limites de la propriété privée ;
    - un dispositif équilibré vis-à-vis des choix technologiques des acteurs, pour les conditions de déploiement de la fibre dans les immeubles, dans les zones très denses ;
    - l’ensemble des règles applicables pour plus de 5 millions de foyers dont plus de 3 millions immédiatement adressables, dans les zones très denses ;
    - la fixation de certaines règles de mutualisation applicables sur l’ensemble du territoire ;
    - la publication d’une nouvelle version de la convention-type, que les copropriétés peuvent signer dès aujourd’hui avec les opérateurs d’immeuble. 


    20 juillet 2009 : Proposition de loi adoptée par le Sénat
    - RÉDUIRE LA FRACTURE NUMÉRIQUE EXISTANTE
    - PRÉVENIR L’APPARITION D’UNE FRACTURE NUMÉRIQUE DANS LE TRÈS HAUT DÉBIT

    La proposition de loi


    20 mai 2009  
    La Commission européenne a publié, dans le cadre d'une consultation publique, un projet de lignes directrices relatives à l'application des règles communautaires sur les aides d'Etat au financement public des réseaux à haut débit. Le principal enjeu de cette discussion concerne le financement public des réseaux à très haut débit. Les Etats membres et les parties intéressées sont invités à soumettre leurs points de vue sur le projet pour le 22 juin 2009. Sur la base des commentaires reçus, la Commission prévoit d'adopter les Lignes directrices définitives sur le haut débit / La consultation


    20 avril 2009
    Les travaux menés par le groupe de travail "Très Haut Débit" du CRIP (Comité des réseaux d’initiative publique) permettent de publier un modèle de convention de mise à disposition d'infrastructures de génie civil pour le déploiement de réseaux de communications électroniques. À l'usage des collectivités, ce document s'inscrit en particulier dans la dynamique d'implication des collectivités territoriales dans le déploiement des réseaux en fibre optiques. / Le modèle de convention

    http://www.arcep.fr/index.php?id=2129&tx_gspublication_pi1[theme]=0&tx_gspublication_pi1[typologie]=8&tx_gspublication_pi1[motscle]=&tx_gspublication_pi1[swordmode]=0&tx_gspublication_pi1[annee]=0

    Projets  de décisions et de recommandations soumis à consultation publique par l'ARCEP


    Janvier 2009 : Décrets d’applications du développement de l’accès au très haut débit de la loi LME (Article 109)
    Quatre décrets d’applications sont parus en janvier et février 2009. Ils favorisent l’accès au très haut débit, définissent les conventions qui lieront l’opérateur au propriétaire, imposent aux opérateurs de communiquer à l’Etat et aux collectivités territoriales l’implantation de leur réseau et précisent les modalités de mise en œuvre du très haut débit imposé dans tous les bâtiments neufs à partir de 2010.


    Décret n° 2009-53
    du 15 janvier 2009 relatif au droit au très haut débit pris en application du II de l'article 1er de la loi n° 66-457 du 2 juillet 1966 relative à l'installation d'antennes réceptrices de radiodiffusion, selon lequel le propriétaire d’un immeuble ne pourra pas s’opposer à ce qu’un occupant soit raccordé à un réseau très haut débit, sauf motif sérieux et légitime, tout comme il a aujourd’hui le droit d’avoir accès à une antenne TV.

    Objet : Modalités d’application du droit à la fibre


    Décret n° 2009-54
    du 15 janvier 2009 relatif à la convention entre opérateur et propriétaire portant sur l'installation, la gestion, l'entretien et le remplacement de lignes de communications électroniques à très haut débit en fibre optique dans un immeuble. Les conventions ainsi conclues protègeront les propriétaires des démarches abusives et garantiront que le coût des travaux est bien à la charge des opérateurs.

    Objet : Modalités d'établissement de la convention conclue entre l'opérateur et le propriétaire ou le syndicat de copropriétaires : précisions des clauses de la convention, notamment du suivi et de la réception des travaux, des modalités d’accès aux parties communes de l’immeuble, de la gestion de l’installation et des modalités d’information, par l’opérateur, du propriétaire ou du syndicat de copropriétaires et des autres opérateurs


    Décret n° 2009-167
    du 12 février 2009 relatif à la communication d’informations à l’Etat et aux collectivités territoriales sur les infrastructures et réseaux établis sur leur territoire.

    Objet : Modalités de la communication à l’État, aux collectivités territoriales et à leurs groupements, à leur demande, par les gestionnaires d'infrastructures de communications électroniques et les opérateurs de communications électroniques des informations relatives à l’implantation et au déploiement de leurs infrastructures et de leurs réseaux sur leur territoire (notamment au regard des règles relatives à la sécurité publique et à la sécurité nationale).


    Décret n° 2009-52
    du 15 janvier 2009 relatif à l'installation de lignes de communications électroniques à très haut débit en fibre optique dans les bâtiments neufs. Ainsi tous les immeubles de plus de 25 logements seront pré-câblés en fibre optique à partir de 2010. Par ailleurs, les ministres rappellent que, par anticipation de cette disposition, tous les nouveaux logements, dont la construction a été décidée dans le cadre du plan de relance seront équipés de réseaux de communication à très haut débit en fibre optique.

    Objet : Modalités de mise en œuvre de l'obligation pour les immeubles neufs groupant plusieurs logements ou locaux à usage professionnel d'être pourvus des lignes de communications électroniques à très haut débit en fibre optique nécessaires à la desserte de chacun des logements ou locaux à usage professionnel par un réseau de communications électroniques à très haut débit en fibre optique ouvert au public.


    Octobre 2008 : Plan de développement de l’économie numérique : FRANCE NUMERIQUE 2012 d’octobre 2008
    Ce plan repose sur quatre priorités :
    - l’accès aux réseaux et aux services numériques pour tous les Français,
    - le développement de la production et de l’offre de contenus numériques,
    - l’accroissement et la diversification des usages et des services numériques dans les entreprises, les administrations, et chez les particuliers,
    - la modernisation de la gouvernance de l’économie numérique.


    Août 2008 : Loi de Modernisation de l’Economie (LME) du 5 août 2008
    Le titre III chapitre 1er (Art 109) concerne le développement de l’accès au Très Haut Débit et au numérique sur le territoire et présente :
    - le cadre juridique sécurisé pour déployer la fibre optique dans les immeubles ;
    - les moyens mis en œuvre pour faciliter le raccordement des logements à la fibre optique ;
    - le droit à la fibre optique ;
    - l’obligation de mutualisation de la partie terminale des réseaux FTTH (« Fiber to the home » ou « fibre optique à domicile ») ;
    - l’implication des collectivités locales dans ce projet ;
    - les compétences de l’ARCEP, chargée de réguler le secteur des télécommunications.

    La loi LME sur le site de Légifrance
    La loi LME sur le site de l'ARCEP 
    La Lettre de l'ARCEP de septembre/octobre 2008 
  • Note :
    (4 votes)

    Commentaires
    fibre optique par MAURICE NOEL CHEVAL le 15/10/2009
    nous avons pris du retard depuis le choix de la fibre optique nous allons de l'avant et tous dans la meme direction et c'est trés bien
    Egalité de services = Egalité d'infrastructures ! par Pierre Ygrié le 03/10/2009

    Au lendemain du salon Odébit et des assises numériques j’avais posté deux réactions « à chaud » sur le blog de l’association lozérienne « Les Webs du Gévaudan » http://websdugevaudan.wordpress.com/ .

    Je vous en fais part ci-dessous

    1-Assises numériques:l’urgence de la concertation !

    « Le Contenu des assises fera partie des travaux du gouvernement » avait déclaré Nathalie Kosciusko Morizet en ouvrant (à distance pour raisons familiales) les assises numériques du 1er Octobre à l’université Paris Dauphine.
    Le contenu fut en effet très dense mais la parole ne fut pas à mon sens suffisamment donnée à la salle en dépit des promesses d’interactivité, impossibles à tenir dans la pratique compte tenu du nombre d’intervenants sur le plateau et de la densité du programme.

    Du « contenu » des assises j’ai retenu essentiellement :
    - l’engagement fort de Michel Mercier en faveur de la fibre optique. Extraits : « la fibre optique va remplacer le cuivre… une vraie révolution qui ne fait que commencer…. Exigence d’équité territoriale… la couverture numérique fixe et mobile est vitale… on sait avec certitude qu’on aura besoin de fibre optique… le maillage des territoires en fibre optique est à mes yeux un impératif… j’ai soutenu le principe d’une solidarité nationale… je fais du très haut débit la priorité … etc… » propos en droite ligne avec le « discours » récurrent des Webs du Gévaudan qui militent depuis 10 ans pour amener la fibre au plus près de l’abonné et avoir,à défaut de FTTH dans l’immédiat du FTTH rural (Fiber To The Hameau) !
    - les témoignages des ministres (ou ancien ministre) : André Santini pour ses nombreuses réalisations dans tous les domaines (de la crèche aux maisons de retraite) à Issy les Moulineaux et Luc Chatel qui a présenté les axes de son plan « Orsec » sur l’école en soulignant « la situation inédite de l’histoire de l’humanité où l’on voit la première génération avoir davantage accès à l’information que leurs parents »
    - les interventions de tous les parlementaires en faveur du très haut débit : Yves Censi, Bruneau Retailleau (dans son rapport il y a « tout » !), Vincent Descoeur, Patrick Martin Lalande, Jean Michel Fourgous, Jean Dionis du Séjour.
    - le lancement de concertations régionales (cf lettre aux préfets du 31 juillet 2009) avec les services de l’Etat et les collectivités territoriales avec pour objectif de « faire remonter » d’ici la fin de l’année des « projets territoriaux d’innovation »
    - l’intervention de Gabrielle Gauthey « nous sommes à l’aube d’une révolution avec la fibre »… révolution soulignée ensuite par tous les participants
    - la nécessaire modestie dans l’approche des usages car,autant pour les grands domaines (santé, éducation… ) on commence à avoir une « petite idée » autant, pour Bruno Retailleau, « on ne soupçonne pas aujourd’hui les usages de demain pour le citoyen ». Quand on sait que 2/3 du trafic en 2008 était de la vidéo on imagine la bande passante nécessaire pour véhiculer les informations de demain nécessairement symétriques.
    -nécessaire intervention de la puissance publique tant au niveau gouvernemental que parlementaire (cf débat au parlement le 13 octobre)

    J’y ajoute quelques commentaires personnels qui auraient fait l’objet de questions si j’avais eu l’occasion de les poser sur deux points récurrents tout au long de la journée : la mutualisation et le financement :

    La mutualisation :
    -des opérateurs : cf le « papier » écrit après le salon Odébit des 22 et 23 septembre « Au commencement étaient les infrastructures » dans lequel je posais la question de la pertinence de la concurrence sur les infrastructures et sur l’opportunité (la nécessité selon moi) d’un réseau unique neutre , indépendant et ouvert à la concurrence, même dans les zones denses, pour éviter des gaspillages et libérer les investissements des opérateurs
    -des collectivités : dans quel périmètre peut se concrétiser l’aide de l’Etat aux collectivités pour les inciter à travailler ensemble ? la communauté de communes ? le département ? La région ? des projets interrégionaux comme l’A75 autoroute du télétravail qui supposerait de mettre autour d’une même table des élus de 3 régions différentes ?
    -de la réflexion : Je suggère que soient invitées à la démarche régionale d’ « expression de projets territoriaux d’innovation » les associations citoyennes de promotion de l’Internet. Je pense que cette « invitation » aurait un double avantage : recueillir les idées des citoyens de base, le plus souvent plus informés que beaucoup d’élus locaux dans ce domaine qui reste nouveau voire « terra incognita » pour certains, et stimuler ces mêmes élus locaux à participer à ces réunions de concertation.

    Le financement :
    La question du financement ne doit à mon avis être posée qu’après avoir répondu à trois questions :
    - que peut apporter le très haut débit à la France ? la réponse est claire, et nous nous en réjouissons, pour les gouvernants de ce pays et les participants aux différents colloques sur le sujet auquel est d’ailleurs de plus en plus associé, et c’est heureux, le développement durable. Reste aux médias à démultiplier l’information !
    -que peut apporter le très haut débit à la ruralité ? là aussi la réponse est claire, les apports du très haut débit dans les domaines clés (santé, éducation, travail collaboratif à distance… ) étant encore plus cruciaux,voire vitaux, à la campagne qu’à la ville
    -que pourrait apporter une ruralité numérique à très haut débit à la France et aux Français ? Cette question restera « pendante » tant qu’une vraie réflexion n’aura pas été engagée sur ce sujet avec les « habitants du pays ». Je salue certes la présence aux assises de parlementaires ruraux voisins de la Lozère (Yves Censi, Vincent Descoeur) mais il nous faut aller,à mon avis, beaucoup plus loin dans la réflexion. Comment intégrer dans la démarche en cours une réflexion concertée avec des citoyens sur les « apports » de la ruralité en termes économiques (création d’emplois directs et indirects, la matière première de l’économie de la connaissance étant potentiellement disponible n’importe où) , sociaux (on vit mieux et… on réfléchit mieux à la campagne !) , environnementaux (suppression des mobilités « nuisibles »).La France a un atout considérable : son Espace ! cette évidence mérite à tout le moins, selon moi, une réflexion spécifique

    Ce n’est qu’après avoir correctement répondu à ces trois questions que l’on pourra se poser la question du financement car, selon moi, quand on est convaincu de la nécessité de faire une chose on trouve toujours l’argent pour le faire !

    Ces quelques lignes ne prétendent pas rendre compte de la journée des assises numériques du 1er octobre. Tout en saluant cette importante initiative (bravo aux organisateurs !) je tenais simplement à faire part « à chaud » de mes impressions et dire que les citoyens aussi ont leur mot à dire mais ils n’en ont pas souvent l’occasion ! La démarche de concertation en cours est une excellente “fenètre d’opportunité” pour leur donner la parole !
    @suivre…
    Pierre Ygrié 2 octobre 2009

    2-Odébit:Au commencement étaient …les infrastructures !

    Du salon Odébit auquel je viens d’assister je ne retiendrai que deux choses :
    -l’infrastructure crée de la valeur. Cette « évidence » a été martelée par tous les intervenants et démontrée par des gens qui ont fait des actions concrètes comme dans la Manche où il ne reste plus que 170 foyers sur 270000 à moins de 2 mégas !
    -cette infrastructure doit être en fibre optique tant pour le très haut débit fixe (FTTH) que pour le très haut débit mobile (LTE). Un « bémol » a été apporté sur ce point, et c’est bien compréhensible, par les vendeurs de solutions alternatives très présents au salon !

    Je me conterai donc de vous (re)dire ce que nous avons écrit maintes fois : la nécessité pour la France de disposer d’une infrastructure en fibre optique publique, neutre et ouverte à la concurrence.
    La nécessité de structuration du territoire en fibre optique est « affirmée » aujourd’hui, et nous nous en réjouissons, par les plus hautes instances de la nation ! Il reste maintenant à la faire et c’est ici que le rôle des opérateurs et surtout de la puissance publique est essentiel !

    1-Quelle infrastructure ?
    Le réseau de fibre optique public et ouvert à la concurrence sera fait de :
    -la mutualisation des réseaux existants, essentiellement celui de l’opérateur historique, souvent le seul ou presque dans les territoires ruraux. Encore faut-il que la cartographie des réseaux existants soit précise et transparente, ce qui ne parait pas être tout à fait le cas en dépit de l’obligation légale récente.
    -la création de nouveaux réseaux par les collectivités territoriales plus ou moins aidées par un « cocktail » de mesures ( emprunt, taxe sur les abonnements, fonds européens et nationaux comme le FNADT, taxe sur les opérateurs…) selon les possibilités financières de chacun : peu ou pas d’aide pour les zones denses, aide maximale pour les territoires ruraux).

    2-Pourqoui un tel réseau ?
    -fortement créateur d’emplois. J’ai retenu un chiffre qui, même s’il est à prendre avec des pincettes comme tous les chiffres, est intéressant à “méditer”: un milliard d’euros investis ur la construction d’un réseau autoroutier génère 80% d’emplois directs et 20% d’emplois indirects, pour la construction d’un réseau numérique c’est l’inverse : 20% d’emplois directs, 80% d’emplois indirects. A l’ évidence le numérique crée des emplois pérennes
    -solidarité territoriale . Je ne reviendrai pas sur notre demande permanente d’offrir à chaque citoyen une « place numérique » indépendante de sa « place physique » et égale pour tous
    -opportunité territoriale. Là encore nous avons insisté maintes fois sur l’ « atout Espace » de la France et sur le lien étroit entre Très Haut Débit et développement durable. L’accès distant à des ressources de plus en plus « lourdes » encouragé avec raison par le gouvernement et que seul autorise le très haut débit (5 fois plus d’informations dans les réseaux en 2012 qu’en 2015 !) réduira les transports et,partant,les nuisances de tous ordres ( économies d’énergie, pertes de temps,pollutions,stress…) dans tous les domaines . En matière de santé par exemple où « il vaut mieux faire voyager les informations que les malades »les applications sont multiples : télésurveillance médicale,téléconsultation ,télé expertise,téléassistance à domicile, télé médico-social .En matière d’éducation la liste est également longue :classes virtuelles, espaces numériques de travail (ENT),suivi de cours individuels à distance. Avec du très haut débit les transports deviennent « intelligents » grâce à une « circulation d’informations » rapide,fluide et organisée. Quant aux perspectives qu’autoriserait la télé présence dans le monde de l’économie (réunions à distance,voyages d’affaires virtuels,travail collaboratif à distance,télétravail à la campagne …) elles sont innombrables. Plusieurs entreprises, dont Covage, présente au salon, ont d’ores et déjà obtenu des résultats probants dans ce domaine. Mais la plupart de ces applications impliquent des circulations d’informations lourdes (images,son),rapides,fluides et symétriques ,ce que ne permet pas l’Adsl. Pour que ces applications se généralisent sur l’ensemble du territoire le Très Haut Débit par fibre optique dont bénéficieront en 2012 des millions de foyers des zones denses (cf mesures Arcep du 22 juin) sera indispensable. L’apport d’une ruralité « numérique »dans la démarche de développement durable est pour nous évident. La généralisation du très haut débit non seulement favoriserait un aménagement plus équilibré du territoire mais constituerait aussi un support précieux pour nous procurer de la “matière à réfléchir” et développer l’”intelligence collective” nécessaire pour “inventer ” l’avenir ! Nous avons à « inventer » le changement dans tous les domaines ; ce ne sera possible que par la multiplication des échanges et une mise en commun des réflexions . Même si certains pourraient sourire de cette « platitude »on réfléchit mieux à la campagne . Or le travail collaboratif à distance est aujourd’hui possible avec Internet à condition de disposer à la campagne des mêmes outils qu’en ville.

    3-Le rôle des opérateurs ?
    Les opérateurs, et singulièrement l’opérateur historique, font actuellement leur « business » sur le réseau cuivre, amorti depuis longtemps. On peut donc comprendre leur réticence à abandonner la « poule aux œufs d’or » pour construire un réseau estimé à 40 milliards d’euros, d’autant que, si j’ai bien tout compris, pour « faire court », 60% des abonnés seulement seraient apparemment potentiellement concernés par du FTTH (20% des foyers n’ont plus de téléphone fixe et 20% se contenteraient de l’Adsl). En l’état actuel de la réglementation chacun des trois grands ne pourrait donc espérer que 20% de cette cible potentielle. En calcul rapide le retour sur investissement ne serait possible que dans 8 ans ! Ce petit exercice (à vérifier) permet de mieux comprendre les réticences des opérateurs à investir massivement sur la fibre, pourtant unanimement plébiscitée pour permettre à la France, au demeurant très bien placée sur le haut débit de rattraper son retard, tout aussi patent, sur le très haut débit. En posant la question « la concurrence par les infrastructures a-t-elle un sens ? » Stéphane Lelux, président de Tactis, s’interroge sur l’opportunité de laisser construire, y compris dans les zones denses, plusieurs réseaux, au risque d’obérer les marges des opérateurs et de freiner leurs investissements beaucoup plus, selon moi, qu’une taxe pour alimenter un fonds de péréquation !
    Le rôle des opérateurs dépend donc directement de la stratégie que devra définir le gouvernement s’il veut aller au bout de sa logique : structurer l’ensemble du territoire en un réseau porteur d’emplois,de croissance et de développement durable pour des décennies. La France, championne du haut débit, est en retard sur le très haut débit. Seules des mesures radicales lui permettront non seulement de rattraper ce retard mais, pourquoi pas ( ?), de prendre de l’avance .
    Voilà l’essentiel de ce que j’ai retenu du salon Odébit …mais j’ai aussi retenu que rares étaient les intervenants qui osaient poser la question qui fâche, la « nationalisation », ( serait-ce encore un « gros mot » ? ), quelle qu’en soit la forme, des infrastructures de l’opérateur historique ?

    Qu’ai-je retenu encore ? Ah oui ! la fameuse question du choix « par où commencer ? les infrastructures ou les usages ? » Le directeur de Manche numérique, qui sait de quoi il parle, a mis tout le monde d’accord en insistant sur la spirale vertueuse entre infrastructures et usages. Ne disons nous pas depuis toujours aux Webs du Gévaudan, que le premier des services , c’est l’accès aux services ?

    Après ce salon Odébit 2009 et avant les assises numériques du 1er octobre nous persistons et nous signons « au commencement étaient les infrastructures » !

    Pierre Ygrié 24 septembre 2009
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    Hugues de Gromard

    Délégué général

    SYCABEL


    Le Sycabel (Syndicat professionnel des fabricants de fils et câbles électriques et de communication) a participé à la consultation publique lancée en juin 2009.