
"Stratégie de lutte contre les accidents électriques", des propositions concrètes
de l'ensemble de la société civile
Evénement sans précédent en matière de sécurité électrique, l'avis du Conseil national
de la consommation (CNC) relatif à la sécurité des installations électriques intérieures
des particuliers, énonce 11 actions à mettre en œuvre pour lutter efficacement contre
les accidents liés aux installations électriques vétustes.
Cet avis proposé aux pouvoirs publics leur soumet des évolutions en terme de réglementation,
de mesures incitatives, et de sensibilisation efficace des acteurs concernés : bailleurs,
propriétaires, professionnels, grand public.
L'avis relatif à la sécurité des installations électriques intérieures des particuliers
a été rédigé au sein du groupe de travail "Sécurité des installations
électriques intérieures". Elément du CNC depuis novembre 2004, il est représentatif
de la société civile puisqu'il réunit l'ensemble des professionnels (EDF, distributeurs
de matériels électriques, installateurs, organismes dont Promotelec...) et les associations
de consommateurs concernés.
Ce groupe de travail a eu pour objectif de :
- dresser un état des lieux des accidents domestiques liés à l'électricité, et notamment
liés aux installations électriques anciennes,
- évaluer les dispositifs réglementaires en France et en Europe,
- recenser les diagnostics existants,
- proposer des mesures visant à sécuriser les installations électriques domestiques,
- proposer des dispositifs d'information et de sensibilisation.
Un constat alarmant
Les installations électriques anciennes présentent un risque grave clairement identifié
auxquels les consommateurs sont peu sensibilisés. Sur 28 millions de logements en
France, 7 millions présentent des risques et 2,3 millions sont équipés d'installations
électriques particulièrement dangereuses. On considère également que sur 250 000
incendies, 80 000 seraient d'origine électrique.
Malgré ce constat, et bien que des outils (diagnostics électriques) permettant de
dépister facilement les installations électriques à risque existent, peu de rénovations
sont entreprises.
Une réglementation actuelle insuffisante
En dehors des cas de rénovation totale, la réglementation actuelle prévoit très
peu d'obligations pour l'habitat existant.
Une démarche proposée
"Une stratégie nationale de lutte contre les accidents électriques, résolues, progressive
et ciblée" a été définie par le CNC afin de diminuer le plus rapidement possible
les accidents imputables à la sécurité des installations électriques intérieures.
Les 11 actions proposées tournent autour des axes suivants
:
- la définition d'une "mise en sécurité d'une installation électrique ancienne"
et son intégration dans les textes,
- la mise en œuvre progressive des mesures préconisées suivant les différents types
de logement,
- la fiabilisation du système de diagnostic,
- le développement de l'information du public et de l'incitation à la mise en sécurité
des installations électriques anciennes par tous moyens adéquats.
Cliquez ici pour découvrir les 11 actions proposées par le Conseil national de la
consommation.
L'avis du Conseil national de la consommation relatif à la sécurité des installations
électriques intérieures des particuliers représente une étape majeure pour tous
les professionnels qui se sont investis au sein du groupe de travail. Les actions
proposées, notamment celles concernant les aspects réglementaires, auront inévitablement
un impact important sur l'amélioration de la sécurité des installations électriques
anciennes et donc des logements en général.
Pour cela, la société civile en général, les associations de consommateurs et les
acteurs de la filière électricité et bâtiment en particulier, attendent avec impatience
des pouvoirs publics, une mise en œuvre progressive des mesures proposées. Deux
d'entre elles pourraient rapidement avoir des conséquences notables : la définition
juridique de la mise en sécurité d'une installation électrique ancienne (action n°1) et l'obligation de présenter un rapport de
diagnostic conforme aux exigences minimales de sécurité électrique, lors de la vente
à un acquéreur non professionnel (action n°3). Ces deux seules actions devraient permettre
non seulement de sauver de nombreuses vies, mais également de préserver quantité
de logements qui chaque année, sont rendus indisponibles suite à un incendie d'origine
électrique.