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RT 2005 : la réglementation thermique passe à la vitesse supérieure

Un nouveau renforcement des exigences au niveau de la performance énergétique des bâtiments, la prise en compte de la climatisation et de l'éclairage ainsi qu'un franc coup de pouce donné à la conception bioclimatique et aux énergies renouvelables sont quelques-uns des thèmes forts de la nouvelle réglementation thermique : la RT 2005.

A l'horizon 2050, la consommation énergétique de la France devrait être divisée par quatre par rapport à l'année 2000. Cet objectif fort traduit l'engagement des pouvoirs publics français en faveur de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, dans le droit fil des accords de Kyoto et de la politique énergétique européenne qui en découle. Dans ce but, différentes mesures sont mises en œuvre, notamment dans le secteur du bâtiment.

En avant-garde de la directive européenne de performance énergétique des bâtiments, la France a instauré la RT 2000, reprise ensuite dans le plan climat 2004. Tous les cinq ans, la révision de cette réglementation thermique va dans le sens d'une progressive diminution de la consommation énergétique des bâtiments.

La RT 2005 se fixe comme principaux objectifs une amélioration de la performance énergétique des bâtiments neufs d'au moins 15 % et la limitation du recours à la climatisation. Mais ce n'est qu'une étape intermédiaire car le but à ne pas perdre de vue est une diminution de 40 % de la consommation énergétique des bâtiments en 2020...

 

Tour d'horizon des principaux thèmes forts de la RT 2005

Quels sont les principaux changements introduits par la RT 2005 ?

Emmanuelle Brière, service technique énergétique et environnement de Promotelec : Les grands principes restent les mêmes : le projet de construction est comparé à un projet de référence. Et pour éviter les dérives, des valeurs garde-fous – autrement dit des exigences minimales – doivent être respectées. Deux méthodes d'application demeurent possibles. La voie royale, car elle permet une meilleure prise en compte des attentes, consiste à réaliser des calculs détaillés à partir d'un logiciel thermique RT 2005 développé selon les nouvelles méthodes de calcul ThC-E. Celles-ci couvrent à la fois le confort d'hiver et le confort d'été pour permettre une approche plus globale. L'autre possibilité est le recours à des solutions techniques développées par les professionnels, mais aussi par le CSTB, puis validées selon le même principe qu'avec la RT 2000. Rappelons qu'elles ne concernent à ce jour que les maisons individuelles non climatisées.
Un certain nombre d'évolutions majeures sont à signaler : la mise en place d'une limite maximale de consommation du projet (en kWh d'énergie primaire par m2 et par an) prenant en compte tous les postes de consommation : chauffage, froid, eau chaude sanitaire (ECS), éclairage...
Cela ne concerne dans un premier temps que les logements, mais le tertiaire devrait logiquement suivre. Cette limite sera définie en fonction de la typologie du bâtiment, des zones climatiques et de l'énergie de chauffage. L'objectif à terme étant d'obtenir une consommation de chauffage et d'ECS par logement inférieure à 50 kWhep/m2/an.

Sur quels aspects la RT 2005 se montre-t-elle plus exigeante ?

E. B. : Le renforcement des exigences sur le bâti vise en priorité le traitement des ponts thermiques avec pour objectif d'amélioration des performances d'environ 20 % par rapport à la RT 2000. Les parois ne sont pas oubliées pour autant : le renforcement moyen des exigences est de 10 %.
Il faut souligner le fait que ces exigences ont été fixées en tenant compte de toutes les techniques constructives ayant un impact positif sur la maîtrise de l'énergie en confort d'été comme en confort d'hiver (isolation par l'extérieur ou répartie, mise en œuvre de rupteurs de ponts thermiques...). Ces techniques encore peu communes aujourd'hui en France devront devenir rapidement des techniques courantes pour faciliter l'application de la RT.
Par ailleurs, au niveau des exigences sur les équipements de chauffage, les solutions favorisant la récupération de chaleur sur les unités de production d'énergie sont mises en avant (chaudières basse température ou à condensation, cogénération...) tout comme les solutions utilisant des énergies renouvelables (équipements solaires, pompes à chaleur...). La réduction des déperditions d'énergie liées à la ventilation vise désormais toutes les énergies de chauffage. Enfin, l'éclairage est maintenant pris en compte dans le bilan énergétique dans le secteur résidentiel.

La transformation directe de l’énergie lumineuse en énergie électrique


Et en ce qui concerne la consommation d'énergie liée au refroidissement ?

E. B. : Encore une évolution, la RT 2005 tient compte désormais des consommations liées au refroidissement des locaux qui se distinguent en deux catégories : CE1 et CE2. La première catégorie regroupe tous les bâtiments “ordinaires” qui sont normalement conçus pour ne pas être climatisés. Le projet de référence n'inclut donc pas de consommation de refroidissement dans ses calculs.
En revanche, pour la seconde catégorie de locaux, la consommation de référence intègre la consommation liée au refroidissement. Des consommations de refroidissement de référence sont donc définies pour les hôpitaux, les bureaux en zone bruyante et en zone climatique très chaude...

La RT 2005 s'intéresse-t-elle à la conception bioclimatique et aux énergies renouvelables ?

E. B. : En effet, la RT 2005 valorise les projets dont les concepteurs font l'effort d'intégrer, en amont, à l'état de projet, la réflexion “bioclimatique”. Outre la prise en compte de l'inertie réelle du bâtiment, la RT 2005 s'intéresse à l'orientation du bâtiment. Par exemple, pour favoriser l'impact des apports solaires gratuits en hiver, la référence devient une orientation de 40 % des baies vitrées au sud en résidentiel individuel.
En revanche, pour réduire les apports solaires en été, la protection des baies doit être prévue : volets en résidentiel, végétation... De même, la valorisation des toitures végétalisées contribue à assurer le confort d'été sans nécessiter le recours systématique à la climatisation.

Conception bioclimatique


De nouveaux modes de pensée devront aussi faire leur chemin dans les esprits comme la prise en compte du microclimat autour du bâtiment – masques proches et lointains – par exemple.
Pour s'approcher davantage de la réalité du terrain, la RT 2005 définit plus finement les zones climatiques que dans le passé. Les méthodes de calcul ThC-E s'appuient, par exemple, sur la définition de huit zones hiver et été.
La RT 2005 encourage aussi de manière significative le recours aux énergies renouvelables en les introduisant en référence. C'est notamment le cas du solaire thermique qui est prévu comme solution de référence pour la production d'eau chaude sanitaire. A cela s'ajoute une meilleure prise en compte des chaudières bois et des pompes à chaleur.

Le maître d'ouvrage aura-t-il à l'avenir à justifier ses choix ?

E. B. : Une synthèse d'étude thermique standardisée pourra être exigée auprès du maître d'ouvrage par les pouvoirs publics après l'achèvement des travaux. Elle servira à prouver la conformité de la construction à la réglementation thermique en vigueur. L'absence d'attestation pourrait être sanctionnée par le biais d'un dispositif réglementaire qui reste encore à définir.

Quelles sont les modalités pratiques d'application de cette RT 2005 ?

E. B. : La parution du décret et de son arrêté d'application est prévue d'ici à la fin de l'année. Début 2006, le CSTB devrait mettre à disposition des professionnels les méthodes de travail appropriées et le moteur de calcul informatique. Il est donc probable que la RT 2005 s'applique à toutes les constructions neuves dès l'été 2006 (au plus tard début septembre 2006).
Signalons également que l'actualisation de la démarche HPE/THPE 2005 (Label Haute Performance Énergétique), qui représente un gisement de progrès technologiques, se déroulera en parallèle.

 

 
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Des informations sur la future RT 2005 sont accessibles sur le site www.rt2000.net