Les enjeux de l’énergie, rappel
- Premier phénomène : le dérèglement climatique et sa principale cause, les gaz à effet de serre.
C’est autour de cette question que se sont mobilisées les nations ; la première manifestation de cette ambition ayant été en 1998 le protocole de Kyoto, ratifié à ce jour par 172 pays.
- Deuxième phénomène : la raréfaction des ressources fossiles. Dans quelques dizaines d’années, les mines de charbon, les nappes de pétrole, les gisements de gaz deviendront incapables de fournir tous les besoins énergétiques de la planète.
- Troisième phénomène : la démographie. D’ici 2050, nous allons passer de 6 à 9 milliards d’êtres humains ; des continents entiers sont en pleine croissance économique avec des aspirations légitimes au confort. Cette amplification de la demande énergétique crée une tension sur les prix de l’énergie, qui, au-delà de quelques fluctuations conjoncturelles, vont croître durablement.
L’importance du parc résidentiel dans la maîtrise de la demande en énergie
Le parc des bâtiments en Europe consomme 42 % de l’énergie totale contre 28 % pour les transports, et 30 % pour l’industrie, l’agriculture et les infrastructures.
Sur ces 42 %, la moitié est consommée dans le logement, maisons ou appartements, répartie sur un parc de 320 millions de logements en Europe.
Face à cet enjeu, les Etats ont mis en place des dispositifs pour aider à la mutation des comportements, des techniques et des solutions pour que particuliers et professionnels cultivent ce gisement d’économies et créent un dynamisme économique autour de ce marché.
- Des réglementations : l’EPBD, la directive européenne pour la performance énergétique des bâtiments, la Réglementation thermique 2005, qui s’applique sur les bâtiments neufs et, depuis peu, sur les rénovations du parc, le système des certificats blancs pour inciter les fournisseurs d’énergie à faire faire des économies, le DPE, diagnostic de performance énergétique pour les logements et en cours de publication, la loi « Grenelle 1 »,
- Des labels et des indicateurs : labels HQE, HPE, THPE, label Effinergie, le futur prêt à taux zéro, la mise en place de l’indicateur de consommation énergétique du logement à l’identique, de l’étiquette pour l’électroménager ou la dernière campagne de communication de l’Adème.
- Des incitations financières : comme le futur prêt à taux zéro pour les travaux dans le logement, des subventions locales pour les énergies renouvelables ou des aides à la recherche et à l’innovation.
Les différentes solutions pour économiser l’énergie dans le logement
On distingue 2 grandes familles d’actions permettant d’améliorer la performance énergétique d’un bâtiment :
L’efficacité énergétique passive qui agit sur le bâti et les équipements producteurs et consommateurs d’énergie :
- agir sur la topologie et l’orientation du bâtiment : pas d’ouverture au nord, la zone vie au sud, un puits canadien sous la maison… mais réservé à la conception des maisons neuves ;
- améliorer l’isolation thermique, phonique de la maison par l’intérieur ou par l’extérieur ;
- changer les équipements pour améliorer le rendement : chaudières à condensation, pompes à chaleur, panneaux photovoltaïques, radiateurs rayonnants, lampes basse consommation, etc.
L’efficacité énergétique active qui agit sur la manière dont sont utilisés les équipements et le logement. Trois catégories de fonctions domotique permettent de contribuer à l’optimisation des énergies dans la maison :
- les fonctions d’optimisation des équipements pour en optimiser le rendement ;
- les fonctions de gestion du temps de l’espace et de l’occupation, qui conditionnent leur fonctionnement à nos modes de vie et à nos besoins de confort ;
- les fonctions de mesure d’affichage et de surveillance permanente.
On est désormais très loin de la domotique très technologique des années 1980 et du concept de maison intelligente qui décidait à notre place de baisser les volets ou de modifier la température. On lui oppose maintenant le concept de maison obéissante : aujourd’hui les offres des constructeurs nous permettent de décider de ce que nous voulons faire dans nos maisons, mais le passage à l’acte est immédiat, simple et optimisé.
Quelques exemples concrets, disponibles sur le marché pour économiser l’énergie :
- des régulations de chauffage pièce par pièce : un peu plus chaud dans le séjour, plus frais dans les chambres.
- des interrupteurs automatiques d’éclairage quand on quitte la pièce, des scénarios d’éclairage dans le salon, l’extinction automatique des appareils en veille le soir au coucher, etc. Dans les catalogues des constructeurs de domotique on trouve des produits très simples pour réaliser ces fonctions : des thermostats, des horloges, des détecteurs de présence ou d’absence, des télécommandes programmables mais tous ces produits ont un effet limité sur les seuls équipements qu’ils contrôlent.
Il existe aussi des systèmes plus complets permettant une véritable optimisation de l’ensemble du fonctionnement de la maison.
Et demain ?
Comment rendre la maison encore plus confortable en étant encore plus économe et respectueuse de l’environnement ? Quelles solutions pour atteindre l’objectif de basse consommation qui nous est fixé ? Voici quelques pistes probables :
- optimiser automatiquement sans y penser les différents équipements qui iront collecter les énergies gratuites et renouvelables que l’on trouve dehors dans l’air, dans le sol et au soleil ;
- surveiller le vieillissement des équipements consommateurs et nous informer de leur surconsommation (un ventilateur qui grippe, un congélateur qui givre, un lave-linge qui s’entartre, un panneau photovoltaïque couvert de poussière, une chaudière qui se dérègle…) ;
- mesurer et afficher nos consommations, un peu comme l’économètre de nos voitures qui en affichant notre consommation instantanée d’essence nous permet de conduire plus « souplement ».
Et quant à moi, qui suis un peu distrait, je demanderai à mon électricien de me poser l’interrupteur miracle vers la porte d’entrée et en partant le matin, je pourrai, d’un seul geste, éteindre les lumières inutiles, couper la télévision que j’ai oubliée et les appareils en veille, mais sans couper ni le congélateur, ni le lave-linge qui n’a pas tout a fait fini son cycle « couleurs délicates », qui enclenchera le pilotage automatique des volets roulants pour protéger mon orchidée si le soleil perce, et qui baissera la consigne de température de mon appartement, mais c’est pas grave, le contrôleur thermique a calculé qu’il suffisait de la remonter vers 18 h à mi-saison pour que je sois bien en rentrant le soir. Mon électricien ! Quel talent !
Pour plus d'information, consultez également le site Achacunsadomotique.com