Optimiser une chaudière fioul avec le couplage d'une pompe à chaleur



Déterminer la juste puissance de la PAC


La puissance de la pompe à chaleur à installer dépend essentiellement de deux facteurs :


Les déperditions de l'habitation à équiper


L'estimation rigoureuse des déperditions thermiques implique le plus souvent de recourir au bilan thermique à l'issue d'un diagnostic. Il reste toutefois admis en première approximation de les déduire à partir de la consommation moyenne annuelle de fioul antérieure pour bien maîtriser les habitudes de confort souhaitées. Une correction sera appliquée, le cas échéant, pour tenir compte du gain procuré par les travaux d'amélioration entrepris. Dans le cas où la production d'ECS est confondue avec celle du chauffage, déduire un ratio de 10 l de fioul par an et par m2 habitable. Ainsi, il est aisé d'obtenir à partir de la conversion suivante le niveau représentatif des déperditions :

Déperditions (W) = [(litres de fioul x 7 000) x coefficient climat] / (21,5 x Dju) Cette formule suppose un rendement moyen de la chaudière de l'ordre de 70 % et un niveau d'apports solaires et internes d'environ 10 %.

Avec pour correspondance :

 litres de fioul : consommation annuelle de fioul

  coefficient climat : écart de température entre la température de confort et la température extérieure de base du site (carte des températures de base)

  Dju : degrés jours unifiés moyens du site permettant de traduire la sévérité du climat d'une région (nombre de Dju par département).

 
Carte des températures de base

La puissance de chauffage à installer est déterminée à partir de la température extérieure de base (soit la température minimale quotidienne constatée cinq fois au moins au cours d'une année) figurant ci-dessous :

carte
 
 Nombre de degrés jours unifiés par département
 Départements (stations d'observation) Nbre de Dju
 13 - Bouches-du-Rhône (Marseille-Marignane) 1 790
 33 - Gironde (Bordeaux-Mérignac) 2 037
 29 - Finistère (Brest-Guipavas) 2 180
 35 - Ille-et-Vilaine (Rennes) 2 292
 72 - Sarthe (Le Mans) 2 428
 14 - Calvados (Caen) 2 451
 69 - Rhône (Lyon-Bron) 2 499
 63 - Puy-de-Dôme (Observatoire) 2 500
 78 - Yvelines (Trappes) 2 632
 51 - Marne (Reims) 2 665
 59 - Nord (Lille-Lesquin) 2 693
 67 - Rhin (Strasbourg-Entzheim) 2 827

Détermination du gain prévisionnel consécutif à des travaux sur une paroi donnée :

Gain en W = [U ini - [1 / (1 / U ini) + R isol ]] x Sp x coefficient climat

Avec pour correspondance :

 U ini : coefficient initial de déperdition de la paroi avant isolation toiture (ou plafond sous toiture) = 2 mur et plancher = 1,5

 R isol (*) : résistance thermique “R” de l'isolation mise en œuvre

 Sp : surface correspondante de la paroi isolée

 coefficient climat : idem ci-dessus

(*) En cas de remplacement des vitrages, la formule devient : Gain en W = [U Vitrage ini - U Vitrage isolant] x S Fenêtre x coefficient climat



Les conditions d'intégration d'une PAC dans une installation existante impliquent aussi de connaître la température de départ d'eau de chauffage pour s'assurer que l'installation peut dispenser toute l'énergie que peut produire la PAC. Cette condition se vérifie le plus souvent quand l'installation est équipée avec des radiateurs "surdimensionnés" ou un plancher chauffant.


Un dimensionnement proche de 70 % des déperditions


Compte tenu de ce qui précède mais également du coût des équipements, la PAC doit être dimensionnée le plus souvent pour couvrir environ 70 % des déperditions. Ce rapport est établi entre la puissance utile de la PAC au point d'essai nominal et les déperditions totales. Bien entendu, des puissances supérieures peuvent être envisagées à condition toutefois d'augmenter la capacité en eau de l'installation par un ballon tampon. Cette mesure permet de limiter les cycles courts de fonctionnement préjudiciables à la PAC.



 
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