Le principe : le couplage d'une prise de terre et d'un dispositif différentiel de
sensibilité appropriée
La protection par coupure automatique de l’alimentation repose sur deux conditions
:
• La constitution d’une boucle de défaut permettant la circulation d’un courant(1) .
Cela nécessite la mise en oeuvre de conducteurs de protection reliant les masses
des matériels électriques, soit à une prise de terre (schéma des liaisons à la terre
de type TT(2) ou IT), soit au point neutre de l’alimentation (schéma
TN).
• La coupure automatique du courant de défaut par un dispositif de protection, dans
un délai compatible avec la sécurité des personnes.
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En raison de sa facilité de mise en oeuvre, le schéma TT est habituellement utilisé
pour les locaux d’habitation dont l’installation électrique est alimentée depuis
le réseau de distribution publique à basse tension.
Conformément à la norme NF C 15-100, en schéma TT et en courant alternatif, la condition
RA x I∆n < 50 V doit être réalisée :
RA : résistance de la prise de terre des masses ;
I∆n est de 500 mA (650 mA pour certaines installations anciennes).
Lorsque ce disjoncteur de branchement n’est pas différentiel, cette fonction doit
alors être assurée, pour l’ensemble de l’installation, par un ou plusieurs dispositifs
différentiels placés en aval. Dans ce cas, la partie d’installation comprise entre
le disjoncteur de branchement et ces DDR doit présenter un niveau de sécurité équivalent
à celui de la classe II.
Avec un I∆n égal à 500 mA, la résistance de la prise de terre des masses doit être
au plus égale à 100 ohms. Si la qualité du sol ne permet pas d’obtenir une telle
valeur, la sensibilité du différentiel devra être accrue (par exemple 100 mA pour
une résistance maximale de prise de terre de 500 ohms). Dans tous les cas, la tension
de contact n’excédera jamais 50 V. Pour des valeurs de résistance de prise de terre
supérieures à 500 ohms, des dispositifs différentiels à haute sensibilité (30 mA)
doivent être mis en oeuvre, à titre de mesure compensatoire.
(1) : Le courant de fuite d’un appareil de classe I est en état normal de 0,5 mA
à 1 mA par kW, mais peut atteindre 3,5 mA par kW après vieillissement. Des dispositions
sont à prendre pour éviter le déclenchement intempestif d’un DDR du fait de ce courant
de fuite normal et en l’absence de défaut d’isolement.
(2) : Schéma TT : le neutre du transformateur d’alimentation est directement relié
à la terre ; les masses de l’installation sont reliées à une prise de terre séparée.
Schéma TN : le neutre du transformateur d’alimentation est mis directement à la
terre ; les masses de l’installation sont reliées au neutre.
Schéma IT : le neutre n’est pas relié à la terre, ou bien l’est au travers d’une
impédance élevée ; les masses de l’installation sont reliées à la terre.
Les caractéristiques techniques principales d'un DDR :
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Quatre caractéristiques définissent un dispositif à courant différentiel résiduel
(DDR) :
Son courant assigné In :
Indiqué en A, il doit être au moins égal au courant d’emploi du circuit dans lequel
il est installé.
Sa sensibilité I∆n (ou courant assigné de déclenchement différentiel)
:
Généralement indiquée en mA, c’est la plus faible valeur de courant de défaut à
la terre qui doit faire fonctionner le dispositif différentiel de façon automatique.
Rappelons également qu’un dispositif différentiel ne doit pas se déclencher tant
que le courant de défaut In est inférieur à (I∆n)/2.
Son temps de déclenchement :
Les DDR usuels sont instantanés. Ils déclenchent dès l’apparition d’un courant de
défaut. Leur temps maximal de déclenchement est de 40 ms pour un courant de défaut
au moins égal à cinq fois leur sensibilité.
Afin d’assurer une certaine sélectivité au sein des installations, il existe des
DDR retardés. Ainsi, en présence d’un courant de défaut susceptible de provoquer
son ouverture, un DDR de type S ne réagit pas pendant au moins 40 ms. Cependant,
pour garantir la protection des personnes contre les contacts indirects, son temps
de déclenchement est au maximum de 150 ms pour un courant de défaut à la terre au
moins égal à cinq fois sa sensibilité. Ces DDR de type S n’existent pas en haute
sensibilité (30 mA).
Parmi les DDR à déclenchement instantané, les DDR à immunité renforcée limitent
le risque de déclenchement intempestif dû aux perturbations électromagnétiques conduites
par le réseau ou générées par certains récepteurs (micro-informatique, ballasts
électroniques, électronique de puissance…).
Ils servent habituellement à protéger des circuits où la continuité d’alimentation
est souhaitable (par exemple, un congélateur).
En raison de leur temps de non-réponse, les DDR retardés de type S présentent également
un très haut niveau d’immunité contre les déclenchements indésirables. Les courants
transitoires à la terre n’étant pas détectés par ces DDR, ils peuvent donc notamment
être installés en amont des parafoudres.
La nature du courant de défaut :
Le modèle le plus courant est le DDR de type “AC”. Il protège l’installation contre
les courants de défaut alternatifs sinusoïdaux. Lorsque des matériels électriques
de classe I, installés en aval d’un DDR, sont susceptibles de produire des courants
de défaut à composante continue (équipement à base d’électronique de puissance,
tel un lave-linge, ou une plaque de cuisson), le DDR doit impérativement être de
type A. En effet, un DDR de type AC est incapable de détecter un tel courant de
défaut.
Quant aux DDR de type B, ils protègent en plus contre les courants de défaut continus
lisses. Ils s’emploient principalement dans l’industrie, sur des installations triphasées
comportant par exemple des variateurs de vitesse ou une alimentation sans interruption
(ASI).
À la recherche d’une sélectivité
Dans des installations complexes comportant notamment plusieurs niveaux de distribution,
une sélectivité entre les DDR mis en oeuvre est souvent recherchée. Ainsi, en cas
de défaut sur une partie de l’installation, les autres parties continuent de fonctionner
normalement. Pour une sélectivité totale entre deux DDR en cascade, deux conditions
doivent être simultanément remplies :
• ampèremétrique : le courant différentiel assigné du dispositif amont doit être
au moins le triple de celui du dispositif aval. Par exemple, un DDR de 100 mA en
amont associé à un DDR de 30 mA en aval.
• chronométrique : le dispositif amont doit avoir un retard constant supérieur au
temps de fonctionnement du dispositif aval. Par exemple, un DDR de type S en amont
associé à un DDR instantané en aval.
En pratique, la sélectivité peut être obtenue par l’installation en cascade de DDR
garantis sélectifs entre eux par les constructeurs.