Les essais et mesures
L’inspection visuelle terminée, il convient de réaliser les essais suivants :
Résistance d'isolement de l'installation électrique
Les appareils d’utilisation étant déconnectés, la résistance d’isolement est mesurée entre
chaque conducteur actif et la terre (lors de cette mesure, les conducteurs de phase et le
conducteur neutre peuvent être reliés ensemble). La résistance d’isolement doit être au
moins égale à la valeur spécifiée dans le tableau ci-dessous, l’essai étant effectué sous
la tension indiquée.
Ces mesures sont réalisées en courant continu, avec un appareil capable de fournir la
tension d’essai spécifiée avec un courant de 1 mA.
La résistance d’isolement est généralement mesurée à l’origine d’une installation. Si la
valeur obtenue est inférieure à celle spécifiée dans le tableau ci-dessus :
une seconde mesure est effectuée en veillant à déconnecter de l’installation fixe les
appareils d’utilisation ;
l’installation peut aussi être divisée en plusieurs groupes de circuits ; la résistance
d’isolement de chaque groupe est alors mesurée.
Remarques : la résistance d’isolement des câbles chauffants noyés dans les parois
des bâtiments doit être au moins égale à 250 000 ohms.
Séparation électrique des circuits TBTS et TBTP
Cet essai dépend du type de schéma des liaisons à la terre (TN, TT ou IT). Les
installations des locaux à usage d'habitation sont généralement alimentées par un réseau
de distribution publique à basse tension selon le schéma TT. Dans certains cas (par
exemple logement de fonction dans un établissement recevant du public), ces installations
peuvent être alimentées par un poste de transformation privé selon un schéma qui peut alors
être TT, TN ou IT.
Continuité des conducteurs de protection et des liaisons équipotentielles
Il est recommandé que l’essai soit effectué en courant continu ou alternatif, avec une
source d’une tension à vide de 4 à 24 V, et avec un courant d’au moins 0,2 A. La continuité
sera considérée comme satisfaisante si la résistance mesurée entre toute masse et le point
le plus proche de la liaison équipotentielle principale ne dépasse pas 2 ohms pour une
installation en 230/400 V.
Vérification des conditions de protection par coupure automatique de l'alimentation
et essai dépend du type de schéma des liaisons à la terre (TN, TT ou IT). Les installations
des locaux à usage d'habitation sont généralement alimentées par un réseau de distribution
publique à basse tension selon le schéma TT. Dans certains cas (par exemple logement de
fonction dans un établissement recevant du public), ces installations peuvent être
alimentées par un poste de transformation privé selon un schéma qui peut alors être TT, TN
ou IT.
A- En schéma TT (cas le plus fréquent) :
Mis à part la continuité des conducteurs de protection, la vérification comporte la mesure
de la résistance de la prise de terre et l’essai des dispositifs à courant différentiel
résiduel.
Résistance de la prise de terre des masses
La mesure peut être effectuée directement avec un ohmètre de terre et deux piquets
auxiliaires.
Toutefois, en milieu urbain, cette méthode est souvent difficile à mettre en oeuvre
(manque de place, sols bétonnés…). La mesure de l’impédance de la boucle de défaut
phase/terre donne alors une valeur par excès de la résistance de terre.
Dans les deux cas, la mesure doit être effectuée à l’aide d’un appareil spécifique :
un multimètre universel ne convient pas.
Barette ouverte ou fermée ?
En immeuble collectif d’habitation, la mesure de terre est souvent effectuée barrette fermée
afin de ne pas mettre en danger les autres occupants de l’immeuble. Lorsque cela est possible,
il peut être utile de mesurer les prises de terre “barrette ouverte” et “barrette fermée”
afin de savoir si la valeur “barrette fermée” est due à la prise de terre spécialement établie
ou à des prises de terre de fait qui risqueraient d’être supprimées sans préavis
(réseau de distribution d’eau, de gaz…)."
Test des dispositifs à courant différentiel résiduel (DDR)
Une résistance variable est connectée soit entre un conducteur actif en aval du DDR à
tester et les masses, soit entre un conducteur actif en amont et un autre conducteur actif
en aval du DDR à tester. Dans les deux cas, le courant est progressivement augmenté en
réduisant la valeur de cette résistance jusqu’au déclenchement du DDR en test.
La sensibilité mesurée doit être en adéquation avec la valeur de résistance de terre
obtenue précédemment selon la relation
IΔn ≤ 50/RA
B- En schéma TN
Il faut s’assurer que le courant minimal de défaut franc (entre un conducteur de phase et
le conducteur de protection) est au moins égal à celui qui provoque le fonctionnement du
dispositif de protection (disjoncteur ou fusible) dans le temps prescrit. Dans ce but,
l’essai comprend : la mesure de l’impédance de la boucle de défaut (comprenant la source,
le conducteur actif jusqu’au point de défaut et le conducteur de protection entre le point
de défaut et la source) ; la vérification des caractéristiques de déclenchement du
dispositif de coupure associé :
Lorsque ce dispositif est différentiel (cas notamment d’un disjoncteur de
branchement 500 mA), il suffit de satisfaire la condition : V0/Zs ≥ IΔn
Le courant de défaut franc doit être au moins égal à la sensibilité du dispositif
différentiel (tension nominale de l’installation). En pratique, cette relation est presque
toujours vérifiée, car en schéma TN, le courant de défaut franc phase - masse est en fait
un courant de court-circuit.
Dans le cas d’une protection par disjoncteur non différentiel, il faut : V0/Zs ≥ Im
Le courant de défaut franc doit être au moins égal au courant assurant le fonctionnement
instantané du disjoncteur.
Dans le cas d’une protection par fusibles, il faut : V0/Zs≥ If
Le courant de défaut franc doit être au moins égal au courant assurant
la fusion du fusible en 0,4 s (pour une tension phase – neutre égale à
230 V).
C- En régime IT
Ce schéma autorise un premier défaut qu’il faut mesurer ou calculer. En présence d’un
deuxième défaut, on se retrouve dans des conditions analogues soit au schéma TN, soit au
schéma TT.
Suivant le cas, les vérifications seront menées conformément aux
points a) ou b) ci-dessus
Sécurité des interventions
Les opérations d'entretien et de vérification des installations ne doivent
être confiées qu'à des personnes qualifiées pour les
effectuer. En particuliers, les opérations de remplacement d'un matériel
électrique ne doivent être effectuées qu'après sectionnement
du circuit d'alimentation correspondant.
Pour les conditions de sécurité dans lesquelles toutes ces opérations
doivent être effectuées, il convient de se référer au Recueil
d'instructions générales de sécurité d'ordre électrique
UTE C 18-510 édité par l’Union technique de
l’électricité.