
Mode de pose des canalisations
Règle de l'art : les bons réflexes
De l’installation elle-même dépend en grande partie le niveau de performance du
système de communication, surtout dans le cadre d’un haut débit d’information. À
la différence des conducteurs et câbles électriques distribuant l’énergie, les câbles
de communication composés de paires torsadées demandent un minimum de précautions
lors de leur installation. Il convient entre autres de respecter un rayon de courbure
minimale et de dérouler correctement le câble du touret ou de son carton afin d’éviter
des torsions trop importantes… Faute de quoi les performances du canal de communication
seront inévitablement dégradées.
Aux extrémités des câbles, les opérations de raccordement nécessitent également
un soin particulier, notamment au niveau des torsades. D’ailleurs, pourquoi les
paires des câbles sont elles torsadées ? Pour limiter les interférences électromagnétiques
entre paires voisines (phénomène de diaphonie). On comprend dès lors pourquoi les
textes indiquent de ne pas détorsader les paires sur plus d’un pas de torsade. L’attention
est également portée sur le raccordement de l’écran de protection. Afin d’obtenir
les meilleurs résultats, ce dernier doit être en contact sur la totalité de sa périphérie
(à 360°) avec l’écran métallique du connecteur. Le drain éventuel du câble doit
être raccordé à la borne de terre fonctionnelle de ce connecteur. Enfin, précisons
que ces raccordements doivent être effectués aux deux extrémités !
Du point de vue des perturbations électromagnétiques, qu’en est-il du cheminement
des différents canaux de communication par rapport au cheminement des câbles d’énergie
électrique ? Dans le cas d’un canal composé d’un câble de communication écranté
de longueur inférieure à 35 m, aucune distance de séparation au titre de la compatibilité
électromagnétique (CEM) n’est requise vis-à-vis des câbles d’énergie. Toutefois,
la norme NF C 15-100 précise bien que les circuits de communication et de puissance
doivent cheminer dans des conduits séparés ou des compartiments de goulotte distincts.
Dans le cas d’un canal de plus de 35 m avec câble de communication écranté, pour
les 15 derniers mètres de câble du côté du socle de prise, aucune distance de séparation
au titre de la CEM n’est imposée vis-à-vis des câbles d’énergie. Pour le reste du
canal, une distance d’au moins 50 mm devra être respectée avec un câble d’énergie
non écranté (si support non métallique). Un câble de communication non écranté doit,
dans le cas de support non métallique, systématiquement cheminer à au moins 200
mm d’un câble d’énergie sans écran, pour des raisons de CEM.
Qu’advient-il de ces distances au niveau de la gaine technique logement ? La GTL
étant un emplacement dédié à la convergence des réseaux, toutes les distances de
séparation ci-dessus ne s’appliquent pas. La séparation physique des circuits (conduits
ou compartiments de goulottes distincts) reste cependant nécessaire.
Test et validation de l'installation
Pour les locaux d’habitation, il n’existe pas, à ce jour, de réelle obligation de
test ou de recette du système de communication. Cependant, afin d’éviter tout dysfonctionnement
ultérieur et dans l’optique de livrer une installation répondant aux attentes du
client, il est recommandé de procéder à certaines vérifications. Les fabricants
d’appareils de mesure et certains constructeurs d’équipements électriques proposent
des appareils de tests relativement simples à utiliser. Une mesure de continuité
et de pairage relève d’un minimum requis, en notifiant à cette occasion à l’utilisateur
la longueur des différents canaux posés. Un contrôle plus poussé consistera à réaliser
des tests applicatifs sur les différents liens. Pour la téléphonie, lorsque la ligne
est ouverte, un essai avec un téléphone est un test probant. Pour la vidéo modulée
sur haute fréquence, le test à l’aide d’un mesureur de champ reste le plus pertinent,
mais aussi le plus coûteux. Solution alternative : utiliser un téléviseur, à condition
que la quantité de chaînes distribuées ne soit pas amenée à augmenter. Concernant
les mesures de performances de débit sous protocole Ethernet, l’utilisation du matériel
employé par les installateurs de réseaux (selon la norme EN 50173) donne des résultats
précis mais reste coûteuse. Solution alternative : connecter deux ordinateurs portables
aux deux extrémités de chaque canal pour procéder à un transfert de fichiers.