Du tableau électrique à la prise RJ45, la communication est l'affaire de l'électricien



Mode de pose des canalisations

Règle de l'art : les bons réflexes

De l’installation elle-même dépend en grande partie le niveau de performance du système de communication, surtout dans le cadre d’un haut débit d’information. À la différence des conducteurs et câbles électriques distribuant l’énergie, les câbles de communication composés de paires torsadées demandent un minimum de précautions lors de leur installation. Il convient entre autres de respecter un rayon de courbure minimale et de dérouler correctement le câble du touret ou de son carton afin d’éviter des torsions trop importantes… Faute de quoi les performances du canal de communication seront inévitablement dégradées.
Aux extrémités des câbles, les opérations de raccordement nécessitent également un soin particulier, notamment au niveau des torsades. D’ailleurs, pourquoi les paires des câbles sont elles torsadées ? Pour limiter les interférences électromagnétiques entre paires voisines (phénomène de diaphonie). On comprend dès lors pourquoi les textes indiquent de ne pas détorsader les paires sur plus d’un pas de torsade. L’attention est également portée sur le raccordement de l’écran de protection. Afin d’obtenir les meilleurs résultats, ce dernier doit être en contact sur la totalité de sa périphérie (à 360°) avec l’écran métallique du connecteur. Le drain éventuel du câble doit être raccordé à la borne de terre fonctionnelle de ce connecteur. Enfin, précisons que ces raccordements doivent être effectués aux deux extrémités !
Du point de vue des perturbations électromagnétiques, qu’en est-il du cheminement des différents canaux de communication par rapport au cheminement des câbles d’énergie électrique ? Dans le cas d’un canal composé d’un câble de communication écranté de longueur inférieure à 35 m, aucune distance de séparation au titre de la compatibilité électromagnétique (CEM) n’est requise vis-à-vis des câbles d’énergie. Toutefois, la norme NF C 15-100 précise bien que les circuits de communication et de puissance doivent cheminer dans des conduits séparés ou des compartiments de goulotte distincts.

Cas d'un câble

Dans le cas d’un canal de plus de 35 m avec câble de communication écranté, pour les 15 derniers mètres de câble du côté du socle de prise, aucune distance de séparation au titre de la CEM n’est imposée vis-à-vis des câbles d’énergie. Pour le reste du canal, une distance d’au moins 50 mm devra être respectée avec un câble d’énergie non écranté (si support non métallique). Un câble de communication non écranté doit, dans le cas de support non métallique, systématiquement cheminer à au moins 200 mm d’un câble d’énergie sans écran, pour des raisons de CEM.

Cas d'un câble

Qu’advient-il de ces distances au niveau de la gaine technique logement ? La GTL étant un emplacement dédié à la convergence des réseaux, toutes les distances de séparation ci-dessus ne s’appliquent pas. La séparation physique des circuits (conduits ou compartiments de goulottes distincts) reste cependant nécessaire.

Test et validation de l'installation

Pour les locaux d’habitation, il n’existe pas, à ce jour, de réelle obligation de test ou de recette du système de communication. Cependant, afin d’éviter tout dysfonctionnement ultérieur et dans l’optique de livrer une installation répondant aux attentes du client, il est recommandé de procéder à certaines vérifications. Les fabricants d’appareils de mesure et certains constructeurs d’équipements électriques proposent des appareils de tests relativement simples à utiliser. Une mesure de continuité et de pairage relève d’un minimum requis, en notifiant à cette occasion à l’utilisateur la longueur des différents canaux posés. Un contrôle plus poussé consistera à réaliser des tests applicatifs sur les différents liens. Pour la téléphonie, lorsque la ligne est ouverte, un essai avec un téléphone est un test probant. Pour la vidéo modulée sur haute fréquence, le test à l’aide d’un mesureur de champ reste le plus pertinent, mais aussi le plus coûteux. Solution alternative : utiliser un téléviseur, à condition que la quantité de chaînes distribuées ne soit pas amenée à augmenter. Concernant les mesures de performances de débit sous protocole Ethernet, l’utilisation du matériel employé par les installateurs de réseaux (selon la norme EN 50173) donne des résultats précis mais reste coûteuse. Solution alternative : connecter deux ordinateurs portables aux deux extrémités de chaque canal pour procéder à un transfert de fichiers.




 
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