La seule association à but non lucratif engagée pour plus de confort et de bon sens dans l’habitat.

Comment l’ASEC fait la chasse aux appareils électriques non conformes

Publié le 17 mars 2021

Partenaire idéal de cette campagne de sensibilisation aux risques des appareils électriques non conformes et dangereux, l’ASEC travaille depuis plus dix ans pour maintenir la sécurité des utilisateurs d’équipements électriques en signalant les appareils reconnus non conformes avec risques graves, tout en respectant le droit de la concurrence. Nous avons interrogé Olivier Masseron, Président de l’ASEC et Pierre Selva Vice-président afin d’en savoir plus sur l’action de l’association.

Avec cette nouvelle campagne, l’ASEC (Association sécurité électrique et conformité) encourage le grand public à suivre un parcours d’achat responsable pour bien choisir les appareils électriques en cas de travaux dans les logements. Pourquoi est-ce important de respecter chaque étape de ce parcours ?

OM PHOTO

Olivier Masseron : De plus en plus de personnes bricolent dans leur logement et achètent leurs produits électriques sur internet. Si beaucoup le font auprès des grandes enseignes qu’ils connaissent bien, nombreux sont ceux qui s’approvisionnent sur d’autres sites spécialisés, sur des marketplaces, qui distribuent tous les produits du quotidien.

Les risques ne sont alors pas les mêmes lorsqu’ on achète un vêtement ou un appareil de protection électrique. Pour ce dernier, les enjeux de sécurité nécessitent de prendre certaines précautions dès la phase d’achat.

Avec cette campagne, l’ASEC souhaite sensibiliser le grand public aux risques encourus lors de l’achat d’appareils électriques de recevoir des appareils non conformes. Il ne s’agit pas de se limiter à l’argument prix, qui peut parfois être un indicateur de la conformité des appareils, mais de regarder tous les critères des appareils électriques qui contribuent à assurer la sécurité des utilisateurs de l’électricité.

Photo de Pierre Selva Vice Président de l'ASEC

Pierre Selva : Les appareils électriques ne sont pas anodins. L’achat de ce type d’appareils nécessite tout d’abord que l’acheteur soit conscient des risques qu'il encoure en achetant des appareils non adaptés et non conformes. Il doit ensuite être capable d’identifier les caractéristiques des appareils à acheter et vérifier qu’elles correspondent bien à celles mentionnées sur le site marchand.

Une fois l’appareil reçu, il faut s’assurer qu’il est conforme à celui commandé et qu’il dispose des caractéristiques attendues. Vient enfin la phase de montage de l’appareil qui demande également des compétences de la part de l’acheteur afin de garantir  une installation dite de sécurité.

Deux repères permettent de reconnaître facilement les appareils conformes, le marquage CE et la marque NF. Qu’est-ce qui les distingue l’un de l’autre ?

Pierre SELVA : Le marquage CE (conformité européenne) est rendu obligatoire pour les appareils électriques par la règlementation, et permet leur circulation sur le territoire européen. La marque NF est quant à elle volontaire.

C’est le fabricant qui fait la démarche de certifier à la marque NF, son appareil. L’objectif de cette démarche est de renforcer la confiance de ses clients en prouvant la conformité de l’appareil aux normes applicables en France, mais aussi sa conformité dans le cadre d’une installation électrique. Un appareil électrique marqué NF peut être utilisé dans une installation électrique sans aucune limite.

Quels sont les risques encourus lors de l’achat d’un produit électrique non conforme ?

Pierre Selva : Tout d’abord l’achat des appareils comme nous l’avons dit, est primordial afin de s’assurer de l’approvisionnement d’appareils conformes. Le premier des risques pour la personne après l’installation d’un appareil non conforme, est de conduire à une électrisation de la personne exposée, voire à une électrocution. C’est le cas par exemple avec un disjoncteur non-conforme, dont le risque est que ce dernier ne disjoncte pas lorsque nécessaire, et vous mette en danger.

Aussi, si le disjoncteur est mal calibré, il peut y avoir un échauffement anormal au niveau des câbles susceptible de provoquer un départ de feu dans le logement qui peut par chance être rapidement maitrisé et éteint, mais aussi devenir incontrôlable et nécessiter l’intervention des Sapeurs-Pompiers. C’est l’une des raisons pour lesquelles il faut définir en amont les spécifications techniques de l’appareil à installer dans le tableau, car elles détermineront l’efficacité de la protection et la limitation des risques.

Quelle part occupent les produits électriques non conformes sur le marché ?

Pierre Selva : Le développement de l’e-commerce et la multiplication des canaux de distribution rendent aujourd’hui difficile cette estimation. Il est maintenant possible d’acheter des appareils à l’autre bout du monde en quelques clics, cela devient impossible de tout tracer. Néanmoins, on estime qu’environ 150 000 appareils électriques non conformes sont installés dans les logements en France, avec tous les risques que cela peut comporter.

Grâce aux données publiées par l’ONSE (Observatoire national de la sécurité électrique), nous savons également que 25 % à 35% des déclarations de sinistres incendies dans le résidentiel sont de source électrique, ce qui représente environ 50 000 déclarations d’incendies par an.

L’impact économique de ces sinistres et accidents électriques en France s’élève à environ 3 milliards d’euros. Une proportion non négligeable est causée par une protection électrique défaillante de l’installation.

Comment l’ASEC lutte-t-elle contre la prolifération de ces appareils électriques non conformes sur le marché ?

Olivier Masseron : L’action de l’ASEC consiste en premier lieu à repérer sur les sites marchands les appareils qui paraissent douteux voire non conformes. Les consommateurs ont également la possibilité de signaler directement sur le site de l’ASEC des appareils qui leurs paraissent potentiellement dangereux.

L’ASEC achète les appareils qui semblent les plus risqués pour les faire tester par des laboratoires indépendants. Ces essais sont définis par les normes et similaires à ceux effectués par un industriel lorsqu’il veut faire certifier ses appareils à la marque NF.

Pierre SELVA : Depuis la création de l’ASEC en 2008, notre équipe a étudié plus de 1000 appareils différents. Lorsque la non-conformité est confirmée par le rapport d’essai, nous établissons un dossier technique que nous transmettons à la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes), dans lequel nous détaillons l’ensemble des éléments factuels concernant la non-conformité de l’appareil.

Si l’ASEC ne communique aucune information au grand public, comme peut le faire une association de défense des consommateurs, elle joue un véritable rôle de support aux autorités de surveillance de marché.

Olivier Masseron : Au-delà du bénéfice pour le consommateur d’avoir un appareil efficace, conforme et de sécurité au sein de son installation électrique, l’ASEC veille également à ce que tous les acteurs du marché jouent en suivant les mêmes règles, pour qu’il n’y ait pas de distorsion de concurrence entre ceux qui respectent les règles et ceux qui n’auraient aucun scrupule à les contourner.

>> Pour plus d’informations, rendez-vous sur www.securelectrique.com

Olivier Masseron, Président de l’ASEC, est Responsable Normalisation à la direction Marketing France de LEGRAND.
Pierre Selva, Vice-Président de l’ASEC, est Directeur Certification & surveillance des marchés chez SCHNEIDER ELECTRIC.

Votre navigateur est obsolète

Pour accéder à ce site, vous devez mettre à jour votre navigateur