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Efficacité énergétique : des rénovations de « qualité moyenne »

Publié le 24 novembre 2016

Un rapport présenté par deux députés à l’Assemblée nationale le 19 octobre juge peu efficaces les rénovations énergétiques réalisées en 2014, à la fois, sur la qualité des rénovations et sur le type de travaux privilégiés. Il préconise un meilleur accompagnement des particuliers, une stabilisation des aides publiques et le renforcement de la professionnalisation des intervenants.

Les rénovations énergétiques sont, « en très grande majorité, de qualité médiocre ou moyenne. » Telles sont les conclusions critiques du rapport de suivi de l’évaluation du développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, présenté le 19 octobre, devant le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques (CEC) de l’Assemblée nationale.

Rédigé par les députés Jean-Jacques Guillet et François de Rugy, ce rapport souligne que les dépenses réalisées dans le cadre des rénovations énergétiques des logements sont « considérables, mais peu efficientes ». Quelque 11,1 milliards d’euros ont été dépensés en 2014 pour la réalisation de rénovations énergétiques. Le poste de travaux le plus fréquent, les fenêtres, avec 1,212 million de rénovations, est cependant considéré comme « le moins efficient sur le plan thermique » par les rapporteurs.

Un point positif cependant, les deux députés reconnaissent que ces travaux créent de la valeur verte, c'est-à-dire une plus-value du logement à la revente, liée à une meilleure performance énergétique.

Objectif 500 000 rénovations : bilan en demi-teinte

Les deux rapporteurs dressent un bilan mitigé de l’objectif national fixé en 2013 de 500 000 rénovations énergétiques par an d’ici 2017. Si l’objectif semble proche d’être atteint, avec 288 000 rénovations performantes ou très performantes recensées par l’Ademe et 105 000 rénovations de logements sociaux, les rapporteurs estiment que seules « quelques centaines d’opérations par an » atteignent le niveau BBC. Dernier point relevé, l’impact financier des travaux : « près d’un ménage sur deux les repousse, et près d’un sur cinq n’a pas l’intention de les faire. »

Renforcer l’accompagnement des particuliers

Pour inciter les particuliers à réaliser la rénovation énergétique de leur logement, les rapporteurs préconisent de multiplier les structures d’accompagnement personnalisé. Sur le modèle du « guichet unique », ces structures doivent accompagner les ménages « du montage technique du projet à celui du plan de financement des travaux ». Le rapport souligne le rôle de « déclencheur » fort de ce dispositif auprès des ménages modestes.

Sur l’aspect du financement, les rapporteurs estiment qu’il faut stabiliser et dynamiser les aides fiscales à la rénovation thermique. Le crédit d’impôt à la transition énergétique (CITE) est qualifié d’ « attractif et pédagogique ». L’effet de levier de l’éco-prêt à taux zéro est également salué, car « il s’adresse à des ménages qui ne pourraient pas, sans cette aide, réaliser l’opération. »

Professionnels : "peut mieux faire"

Enfin, le rapport recommande un renforcement des actions de professionnalisation de la filière, jugées encore « insuffisantes ». Les députés estiment que le label RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) « ne garantit pas aux particuliers l’intervention d’une personne formée et compétente en matière énergétique. » Les formations FeeBat (80 000 salariés et artisans formés sur un total d’1 million) et PACTE, lancée en janvier 2015, sont jugées insuffisantes. Les rapporteurs estiment crucial de « déployer davantage » le label RGE, avec un référant par entreprise, et de « privilégier les actions de formation destinées aux groupes de salariés d’un même territoire et relevant de corps d’état complémentaires. »

Rénovation performante : associer la gestion du chauffage à une solution d’isolation

Dans le cadre d’une rénovation énergétique, les solutions d’efficacité énergétique active offrent un potentiel avéré d’économies d’énergie. Une étude conduite par le CSTB avec Carbone 4 en juin 2014 (1) révèle que le déploiement d’outils de gestion de l’énergie, telles que la régulation et la programmation du chauffage, permet des gains importants sur la consommation énergétique du logement (autour de 15 %), pour un coût limité et un temps de retour sur investissement raisonnable. Mieux : combinées à des solutions passives (l’isolation par l’extérieur par exemple), les solutions actives permettent dans tous les cas étudiés d’améliorer le bilan économique de l’opération.

(1) « Solutions d’efficacité active et complémentarité des solutions actives-passives d’efficacité énergétique », CSTB/Carbone 4, juin 2014.

 

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