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Énergies renouvelables : le pari solaire

Publié le 05 juillet 2018

En 2017, la part des énergies renouvelables (EnR) dans le mix énergétique français a diminué, affichant 18,4 % de l’électricité consommée contre 19,6 % en 2016, selon les données communiquées par le Syndicat des énergies renouvelables. Malgré ce recul, le secteur des énergies vertes devrait profiter du dynamisme de certaines filières, comme le solaire, pour repartir à la hausse. Une projection que devrait favoriser le volontarisme de grands acteurs dans ce domaine.

Un secteur plombé par l’hydroélectricité

Fruit d’un travail commun réalisé entre le Syndicat des énergies renouvelables (SER), l’Association des Distributeurs d'Électricité en France  (ADEeF) et les gestionnaires de réseau RTE et Enedis, le Panorama de l’électricité renouvelable est publié chaque année pour livrer un état des lieux détaillé des principales filières de production d’électricité de source renouvelable, aussi bien à l’échelle régionale que nationale.

Pour sa 13ème édition, le panorama présente un bilan contrasté en matière de production renouvelable, résultant principalement des mauvaises performances de la filière hydroélectrique qui accuse une baisse de 18 % de sa production par rapport à 2016.

En cause, une année particulièrement sèche selon Météo France, avec un déficit en eau de 10 % en moyenne, qui vient impacter fortement la part des EnR dans le mix énergétique national du fait de la dominance de l’hydroélectricité sur le marché des renouvelables. L’énergie hydraulique reste en effet l’énergie « verte » la plus répandue dans le pays, couvrant plus de 10 % de l’énergie consommée, toujours selon le panorama.

Le bilan 2017 a beau être mitigé, surnagent néanmoins des pistes d’amélioration très prometteuses, avec  des filières éoliennes et solaires en pleine forme. L’année 2017 a notamment permis à l‘éolien de battre un nouveau record, avec 1 797 MW de capacités supplémentaires installées, gratifiant le parc d’une croissance de 15,3 % pour un volume total de 13 559 MW.

Même envolée côté solaire puisque le secteur progresse de 13,1 % sur 2017, avec 887 MW raccordés, soit 32 % de l’ensemble des nouveaux raccordements dans les EnR. La production d’énergie solaire a augmenté de 9,2 %, un autre record, avec près de 9,2 TWh produits.

L’année 2017 confirme ainsi le potentiel immense de l’éolien et du photovoltaïque en France. Si la place de ces énergies dans notre modèle énergétique est encore marginale (l’éolien représente 5 % de l’énergie consommée, quand le solaire pointe à 2 %), elles s’imposent donc comme des leviers incontournables pour donner à la France les moyens d’atteindre ses objectifs en matière de transition énergétique.

D’ici à 2030, le gouvernement souhaite que les énergies renouvelables occupent 32 % de la consommation finale brute du pays, 40 % de la production d’électricité, 38 % de la consommation finale de chaleur, 15 % de la consommation finale de carburant et 10 % de la consommation finale de gaz.

Pour tenir ce cap, le gouvernement a fait du solaire une priorité et dévoilé il y a quelques jours un plan d’actions consacré au développement de cette énergie sur le territoire. Baptisé « Place au soleil », ce programme contient 40 mesures visant à décupler les capacités de la France dans ce domaine et atteindre 18.200 à 20.200 MW de capacités installées d’ici à 2023, contre 8.300 MW à fin mars 2018.

Favoriser l’autoconsommation individuelle ou collective, développer le solaire thermique, faciliter l’installation du photovoltaïque sur les parkings ou les serres agricoles, font notamment partie des grandes lignes de ce plan qui doivent permettre au pays d’exploiter son potentiel en matière d’énergies renouvelables.

Sur le terrain des EnR, la France peut en effet compter sur ses atouts. Géographiques tout d’abord. Le pays bénéficie du 2ème gisement de vent d’Europe derrière la Grande-Bretagne et se place en 5ème position en termes d’ensoleillement. Atouts techniques et industriels également, avec des grands acteurs qui font désormais le choix de miser sur ces énergies pour développer leur activité, à l’image d’EDF qui a fait du solaire un véritable axe de croissance.

Un plan solaire de 30 GW pour EDF

Présenté fin 2017, le Plan solaire d’EDF se veut profondément ambitieux et doit permettre à l’énergéticien de construire 30 GW de solaire photovoltaïque en France entre 2020 et 2035, soit quatre fois les capacités actuelles de production d’énergie solaire dans le pays et près de la moitié du parc nucléaire français (63,1 GW).

Pour y parvenir, EDF, via sa filiale EDF Energies Nouvelles (EDF EN), compte installer 1,5 GW par an en moyenne entre 2020 et 2025, 2 GW par an entre 2020 et 2035 et 2,5 GW par an entre 2031 et 2035, un projet pour lequel l’énergéticien devrait mobiliser 25 milliards d’euros.

« Dans un contexte de forte volonté politique et de baisse des coûts des panneaux photovoltaïques, EDF veut occuper une place majeure. Ce plan d’une ampleur sans précédent en Europe est un tournant pour EDF et pour la filière solaire française » expliquait Jean-Bernard Lévy, PDG du Groupe EDF, lors de la présentation de ce plan en décembre dernier.

 « Il s’agit pour nous de changer de rythme », assurait-il encore lors du colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables, qui se tenait le 8 février dernier. Car si EDF est le premier développeur d’énergies renouvelables en Europe, les capacités solaires de l’industriel en France sont encore limitées, avec 147 MW installés en 2017 d’après les chiffres communiqués dans le Panorama des énergies renouvelables.

Solaire réparti et autoconsommation

Pour réaliser ce plan, EDF prévoit notamment d’identifier et d’exploiter des terrains issus de son patrimoine foncier (terrains à proximité des centrales nucléaires, reconversion de friches industrielles ou de sites en démantèlement). Le Groupe entend également répondre à l’ensemble des appels d’offres qui seront lancés par le gouvernement dans ce domaine.

Sur les 30 GW voulus par EDF, 10 proviendront du « solaire réparti » (production d’énergie sur le lieu de consommation), dont 9 GW seront installés sur des toitures de supermarchés, d’immeubles, d’entrepôts, ou de parkings, a précisé récemment Nicolas Couderc, directeur France et Énergies réparties d’EDF EN.

Afin d’accompagner cette démarche, EDF EN va lancer une offre spéciale à destination des entreprises. Basée sur un modèle de location-vente de panneaux solaires, cette offre permettra aux professionnels de « lisser jusqu’à douze ans le financement de cet investissement ».

L’autoconsommation, pour les particuliers ou collective, fait également partie des axes sur lesquels EDF entend déployer son plan solaire. Affichant une part de marché de 20 % actuellement sur le secteur de l’autoconsommation des particuliers, contre 12 % en 2017, l’entreprise souhaite continuer sur cette lancée, espérant séduire 3.000 nouveaux clients d’ici à la fin de l’année.

Île-de-France : vers 100 % d’EnR d’ici à 2050

Le 7 juin dernier avait lieu la présentation de la stratégie énergie-climat de la région Île-de-France, l’occasion pour la présidente de la région, Valérie Pécresse, de préciser les objectifs du territoire en matière de développement des énergies renouvelables.

Et sur ce terrain, l’Île-de-France entend bien rattraper son retard (elle est la dernière région à se doter d’une telle stratégie), et table sur 40 % d’EnR dans la consommation francilienne à l’horizon 2030, contre 11 % actuellement. Un objectif qui monte à 100 % d’EnR d’ici à 2050.

Le solaire mais aussi l’éolien, la géothermie et les énergies de récupération des déchets s’imposent comme les principales orientations de ce plan « zéro carbone ».  150 millions d’euros seront injectés dans ce chantier d’ici à 2021 et 500 millions d’euros jusqu’en 2030.

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