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Fibre optique : accord national pour développer la formation

Publié le 27 avril 2017 - Modifié le 19 mai 2017

Myriam El Khomri, alors ministre du Travail et les représentants de la filière du très haut débit ont officialisé la signature d’un accord le 16 mars dernier, lors d’un événement organisé au sein du Réseau Ducretet, à Clichy. L’objectif de cet engagement commun : développer la formation des salariés en vue de répondre aux besoins de déploiement du très haut débit. Quelque 40 000 formations doivent être conduites d’ici 2025, pour l’ensemble des métiers concernés.

Pour répondre à l’accélération du déploiement du très haut débit (THD), la plateforme Objectif Fibre(1) s’est rapprochée de l’État afin de bénéficier de mesures d’accompagnement et de soutien. Cette démarche a abouti, à la fin de l’année 2016, à la signature d’un accord cadre national d’« engagement de développement de l’emploi et des compétences » (EDEC) pour le déploiement de la fibre optique, qui a été officialisé le 16 mars dernier. Myriam El Khomri, alors ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, était présente aux côtés de la Délégation Générale à l'Emploi et à la Formation Professionnelle (DGEFP), de l’Agence du Numérique et de l’ensemble des représentants de la filière industrielle française réunis au sein d’Objectif Fibre.

L’EDEC a pour finalité de favoriser le développement des ressources humaines nécessaires au sein des entreprises du THD. « Cet engagement cible les métiers des bureaux d’études jusqu’à l’installation chez l’abonné et la maintenance, précise Jean-Pierre Bonicel, président d’Objectif Fibre. Un grand nombre de secteurs peuvent bénéficier de formations courtes, d’une durée d’une semaine environ. Par contre les responsables de bureaux d’études, les conducteurs de travaux, les chefs de chantier ou les responsables de projets ont besoin de formations longues, de 50 à 60 jours au minimum. De plus, ils ne seront pleinement opérationnels qu’après une phase d’expérience professionnelle longue : de l’ordre de deux ans pour un responsable de bureau d’études, cinq ans pour un conducteur de travaux. »

Myriam El Khomri, alors ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social et Jean-Pierre Bonicel, président d’Objectif Fibre

7 500 entreprises concernées

L’enjeu de la formation est crucial pour le déploiement du THD, en particulier pour la construction des réseaux publics et privés, où les besoins seront très importants au cours des prochaines années. Environ 20 000 nouveaux postes devraient être créés d’ici 2022. Et les besoins de formation liés aux évolutions des emplois existants sont équivalents.

L’accord concerne l’ensemble des entreprises de la filière, dans les branches du BTP et des télécommunications : au total environ 7 500 entreprises employant 656 000 salariés. Les entreprises de moins de 50 salariés et les très petites entreprises (TPE) bénéficieront d’un effort particulier.

Les OPCA des trois branches professionnelles concernées – Constructys (installateurs), OPCALIA (opérateurs télécoms) et OPCAIM (métallurgie) en association avec les cinq fédérations membres d’Objectif Fibre(1) – sont responsables de sa mise en œuvre. Le montant global de l’EDEC s’élève à un peu moins de 2,7 millions d’euros, 800 000 € financés par l’État, le reste par les trois OPCA. 

Le plan d’action 2017-2019 se décline en trois volets :

  • Évaluer et anticiper les besoins en recrutement et en compétences, et construire des outils à destination des TPE/PME (fiches métiers, certifications, blocs de compétence, validation des acquis de l’expérience…).
  • Accompagner les entreprises dans la mise en œuvre du déploiement de la fibre optique afin qu’elles puissent se positionner sur ces marchés.
  • Promouvoir les métiers et assurer une meilleure diffusion de l’information à travers des outils de communication adaptés et ciblés, afin de répondre aux besoins en emplois et compétences de la filière dans les territoires.

Le président d’Objectif Fibre estime crucial de « faire prendre conscience aux personnes qui ne sont pas dans cet éco-système qu’il y a un vaste chantier en cours pour lequel on a besoin de compétences et qui offrira du travail pendant un certain nombre d’années. Il faut donc créer l’appétence du public, poursuit Jean-Pierre Bonicel, y compris celui des demandeurs d’emploi. Cet axe-là n’a pas, jusqu’à présent, été suffisamment développé. Ce point est très important : l’appui de la DGEFP et de Constructys sera capital afin de bien diffuser l’action dans les régions. »

Fibre optique : les enjeux

Porté par l’État, le Plan France Très Haut Débit vise à couvrir intégralement le territoire en très haut débit d’ici à 2022, dont 80 % des logements en fibre jusqu’à l’abonné ("Fiber to the Home"). Un objectif intermédiaire de 50 % de foyers équipés en THD est fixé pour 2017. Les enjeux sont immenses, à la fois en termes d’investissements, de développement industriel et de levier de croissance pour les entreprises.

Jean-Pierre Bonicel, président d’Objectif Fibre :

« Il est indispensable que les entreprises se forment à la fibre optique »

« Les infrastructures optiques ne s’arrêtent pas à 2022, à la date annoncée par le Plan France Très Haut Débit pour couvrir l’ensemble du territoire en THD. Il n’y a pas de produit, y compris dans les laboratoires, de substitution à l’optique. On va en parler, en poser et maintenir les réseaux sur les 100 ans à venir, comme ce fut le cas pour le cuivre. C’est maintenant que les entreprises doivent prendre ce virage. La fibre sera partout et pas seulement dans les infrastructures FTTH : pour les réseaux de vidéosurveillance, la 5G, les villes et territoires « intelligents », les véhicules autonomes…

Les décrets parus en 2016 prévoient que toute construction soit dès à présent précâblée en optique. Or lorsqu’on construit sa maison, on ne s’adresse pas à une grosse entreprise. C’est pour cela qu’il est souhaitable que toute entreprise qui intervient dans le neuf ait cette compétence. C’est aussi le cas dans l’ancien, où l’optique va se déployer de plus en plus.

Il faut donc rappeler aux entreprises d’installation électrique qu’elles sont contraintes de se former un minimum à la fibre optique pour répondre à la demande de leurs clients en maison individuelle ou en petit collectif. Dans le cas contraire, elles devront faire appel à un sous-traitant avec le risque de sous-traitance en cascade que cela implique, au détriment des marges et de la qualité de l’installation.

La qualité des infrastructures optiques passives dépend directement de trois paramètres fondamentaux : l’homogénéité des réseaux, la qualité du matériel qui doit être étudié et qualifié pour avoir une espérance de vie supérieure à 30 ans (fibres, câbles optiques, connectivité) et la qualité de l’installation. Ce dernier point dépend, en partie, de la qualité de la formation des installateurs. Les dépenses d’exploitation des réseaux seront d’autant plus sous contrôle que ces trois paramètres seront bien maitrisés : c’est crucial mais malheureusement tous ces aspects ne sont pas encore totalement compris par l’ensemble de notre écosystème.

Il est donc indispensable que dans une petite entreprise il y ait une personne - qui pourrait être le patron - qui connaisse la fibre, les câbles, les accessoires, les contrôles optiques. D’autres salariés peuvent en complément suivre une formation courte d’une semaine pour faire des travaux donnés. Seules les entreprises qui auront cette compétence pourront assurer l’installation et la maintenance. »

(1) La plateforme interprofessionnelle Objectif Fibre réunit les organisations professionnelles représentatives de la fibre optique afin de faciliter son déploiement : Fédération française des entreprises de génie électrique et énergétique (FFIE), Fédération française des télécoms (FFT), Fédération des industries électriques, électroniques et de communications (FIEEC), Fédération des industries des réseaux d’initiative publique (FIRIP) et Syndicat des entreprises de génie électrique et climatique (SERCE).

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