La seule association à but non lucratif engagée pour plus de confort et de bon sens dans l’habitat.

Lancement de la plateforme collaborative numérique Bâtiment KROQI

Publié le 24 avril 2018

Après plusieurs mois d’expérimentation, la plateforme collaborative numérique Bâtiment est désormais accessible gratuitement à l’ensemble des entreprises de la construction. Baptisé KROQI, cet outil collaboratif a été développé pour faciliter la transition numérique du bâtiment et améliorer l’environnement de travail des acteurs concernés.

Accompagner la filière bâtiment dans la gestion de tous types de projets

Le 29 mars dernier, Julien Denormandie, secrétaire d’État auprès du ministre de la Cohésion des territoires, a profité du salon Bim World qui se tenait à Paris, pour lancer officiellement la plateforme numérique Bâtiment KROQI.

Expérimentée jusqu’ici par plus de 3 000 utilisateurs (TPE/PME, artisans, architectes, etc.), cette plateforme a nécessité plusieurs mois de travail pour arriver à obtenir un produit efficace, qui soit en mesure d’accompagner la filière du bâtiment dans la gestion de tous types de projets.

Le développement de l’outil a été confié au CSTB, ce qui a permis de mobiliser toutes les ressources nécessaires, aussi bien techniques qu’intellectuelles, à la conception de l’outil afin qu’il réponde au mieux aux besoins des professionnels.

Le CTSB précise que les utilisateurs de la maquette numérique ont notamment la possibilité via KROQI de :

  • partager en temps réel, dans un langage commun, des informations et des documents autour d'un projet ;
  • générer une maquette 3D à partir d'un plan 2D ;
  • visualiser et annoter les maquettes numériques, vérifier leur compatibilité en vue d'usages spécifiques (respect des standards, contrôle technique, assurance, étude d'impact acoustique, thermique, etc.) ;
  • accéder rapidement à des informations de la maquette (nombres de portes, surfaces plancher, surfaces vitrées, surfaces à carreler, linéaires de cloisons, longueurs de câbles, de tuyaux, etc.) ;
  • aider au chiffrage des travaux et créer rapidement des devis…

 

Interview Gilles Mailet, installeur électricien chez AGELEC, membre du groupe de travail du CSTB qui a participé au développement de KROQI

  • Pourquoi la filière Construction se met au BIM ?

Le coût de construction d’un bâtiment dépend à 70 % de l’exploitation et de la maintenance de ce dernier. Ce constat fait, le gouvernement a demandé à ce que la filière améliore la donne.

L’idée a donc été de créer le bâtiment de manière virtuelle, en amont de la construction, afin d’étudier et de prévenir toutes les difficultés, « les clashs », et de tout caler pour gagner en temps, en efficacité, et donc en argent.

  • Combien de temps a duré la phase de conception de la plateforme ?

Les premières réunions de travail ont démarré à la fin du mois de septembre 2016. Le CSTB a rencontré la CAPEB, ainsi que toute la filière Construction, dans l’objectif de déterminer les attentes de chacun vis-à-vis de ce que pourrait leur apporter ce nouvel outil.

  • Comment cet outil a-t-il été pensé ?

La plateforme numérique a été réfléchie afin d’être accessible à tous les acteurs du bâtiment.

Il fallait concevoir un outil qui ne laisse personne de côté et soit aussi bien utilisable par une grande entreprise que par un installateur travaillant seul et qui va pouvoir s’appuyer sur la plateforme KROQI pour développer son activité.

C’est ainsi que le CSTB a développé les différents outils accessibles, comme la visionneuse 3D EveBim téléchargeable gratuitement à partir de la plateforme ou du site du CSTB. Cet outil permet de lire les fichiers .ifc.

L’outil est gratuit, ce qui permet à tous les utilisateurs de profiter des avantages de la plateforme, sans supporter les investissements que nécessitent généralement l’achat de logiciels de modélisation ou autre. Une manière d’inclure tout le monde dans la révolution BIM en donnant à chacun les moyens de s’impliquer dans des projets développés sur maquette numérique.

  • Comment cette nouvelle façon de travailler est globalement accueillie par les professionnels sur le terrain ? Réticences, enthousiasme ?

Jusqu’ici, les professionnels sont généralement peu informés sur le sujet. On peut néanmoins percevoir une certaine crainte de la part de ceux déjà sensibilisés.

Tout d’abord, La peur de manquer des compétences nécessaires pour utiliser l’outil, les connaissances informatiques en particulier. La peur également du coût que cette nouvelle façon de travailler va engendrer, en argent mais également en temps, pour se familiariser et être capable de manier l’outil comme il se doit.

Il y a, au-delà de tout cela, une crainte du changement mais c’est un phénomène qui a toujours accompagné les grandes évolutions. Il faut se souvenir que l’arrivée de l’ordinateur ou encore d’Internet n’a pas été forcément bien accueillie dans le domaine de la construction au départ.

Pourtant, cela semble maintenant une évidence et plus personne ne peut s’en passer. C’est la même chose pour le BIM.

  • Comment encourager les pros à se mettre au BIM et faire sauter les barrières des moins volontaires ?

Il faut continuer de les sensibiliser, de leur expliquer, de les intégrer au changement. Le BIM est aujourd’hui incontournable dans le métier du bâtiment. S’y mettre dès maintenant revient à prendre le train en marche pour s’adapter progressivement aux exigences du marché, actuelles et futures.

Ignorer le BIM, c’est prendre du retard et risquer de rater des opportunités car tous les projets sont désormais amenés à faire appel à la maquette numérique.

La généralisation de la plateforme numérique KROQI doit nous permettre de mieux appréhender cette mutation.

  • Quel intérêt un électricien va-t-il pouvoir trouver dans l’utilisation de cette plateforme ?

L’intérêt est de pouvoir prendre part aux projets gérés grâce à la maquette numérique. D’avoir les outils nécessaires pour pouvoir échanger, partager de manière virtuelle avec d’autres collaborateurs.

C’est également un moyen pour le professionnel de faire la différence auprès du client : présenter un projet d’installation lumineuse en 3D, par exemple, permettra au client de mieux s’approprier la proposition du professionnel et d’être plus facilement convaincu.

  • Maintenant que l’outil est généralisé, peut-on s’attendre à ce qu’il évolue au cours des prochains mois ?

La plateforme n’est pas figée et devrait en effet continuer d’évoluer dans le temps. Notre volonté est de l’enrichir constamment en proposant à chaque fois des nouveaux outils pour apporter aux entreprises les solutions techniques qui serviront à répondre à leurs besoins sans les obliger à trop investir.

Le CSTB’Lab accueille 5 nouvelles start-up !

En octobre 2017, le CSTB a lancé son incubateur d’entreprises avec l’objectif d’aider des jeunes pousses innovantes du bâtiment à développer leur activité.  6 mois après sa création et l’intégration des 6 premières start-up, ce sont 5 nouvelles entreprises qui rejoignent aujourd’hui le centre :

  • Attestis : entreprise spécialisée dans les solutions de preuve numérique et de dématérialisation pour les particuliers, professionnels et collectivités dans le domaine de la construction et de l’urbanisme.
  • BIM my project : le service de cette start-up vise à permettre aux entreprises d’innover dans la gestion collaborative de leur projet de construction en rendant les données de la maquette numérique accessibles sur le terrain.
  • Fantastic Sourcing (Nodeus) : cette entreprise située à Cagnes-sur-mer a développé un système intelligent pour le bien-être et le maintien à domicile des individus isolés.
  • Inod : la start-up met la réalité virtuelle au service des professionnels de l’immobilier. Sa solution permet de visiter à échelle réelle des projets immobiliers avant même leur construction.
  • Nexelec : ce fabricant de détecteurs de fumée propose également un projet d’analyse de la qualité de l’air intérieur.
Votre navigateur est obsolète

Pour accéder à ce site, vous devez mettre à jour votre navigateur