La seule association à but non lucratif engagée pour plus de confort et de bon sens dans l’habitat.

Passoires thermiques : quel rôle doit jouer l’électricien ?

Publié le 02 mars 2021

Face au phénomène des passoires thermiques, l’électricien a un rôle de conseil à jouer pour aiguiller les ménages concernés vers les solutions de rénovation les plus adaptées à leur situation. Lors d’une intervention, chaque poste d’amélioration du logement doit être analysé, qu’il s’agisse de l’isolation, du chauffage, ou de la ventilation, et faire l’objet de recommandations ciblées pour en renforcer les performances énergétiques et faire baisser la facture d’énergie des occupants.

Des logements à rénover en priorité

La France compte aujourd’hui 4,8 millions de logements très énergivores et mal isolés, ces « passoires thermiques », cataloguées F et G sur l’échelle du diagnostic de performance énergétique (DPE), soit 17 % du parc total. Des conditions symptomatiques du mal-logement qui entraînent d’importants surcoûts en énergie et une sensation d’inconfort au quotidien pour les personnes touchées.

D’après le tableau de bord 2020 de l’Observatoire National de la Précarité Énergétique, 3,5 millions de ménages pauvres et modestes ont eu des difficultés à payer leurs factures d’énergie en France en 2019, soit 11,9 % des Français. Pour 80 % des ménages, la consommation d’énergie est un réel sujet de préoccupation*, quand 15 % disent souffrir du froid chez eux**.

Cette situation d’inconfort est généralement le fait d’une mauvaise isolation de leur logement, et de défaillances techniques de l’équipement de chauffage, d’une installation insuffisante, ou encore d’une limitation de leur consommation pour des raisons financières.

Pour le gouvernement, les passoires thermiques font partie des logements à rénover en priorité, afin de lutter efficacement contre la précarité énergétique et réussir la transition énergétique.

Des politiques incitatives et des aides de financement sont mises en place pour encourager les travaux, à l’image de MaPrimeRénov' », attribuée par l’Agence nationale de l’habitat (Anah) qui vise 600 000 rénovations cette année, dont au moins 400 000 subventionnées.

Cette demande croissante de travaux dans les passoires thermiques place l’installateur électricien dans une position stratégique, le chauffage faisant partie des éléments de confort à considérer en premier lieu pour améliorer la performance énergétique du logement et le bien-être des occupants.

Un devoir de conseil, une responsabilité

Le remplacement d’un chauffage est généralement la mission qui conduit l’électricien à intervenir dans une passoire thermique. La première visite est l’occasion pour l’installateur d’estimer avec justesse le besoin de son client et établir un devis. Il peut également, s’il le souhaite, faire part de ses recommandations et observations dans un rapport de visite.

Pour que le changement d’appareil donne pleine satisfaction en permettant aux occupants de gagner en confort et de réduire leur facture d’énergie, l’électricien doit vérifier en amont que les conditions du logement sont adaptées, et conseiller son client en fonction des anomalies relevées.

Après avoir vérifié que l’installation électrique est bien en sécurité, l’installateur électricien doit contrôler plusieurs points nécessaires pour juger de la qualité du logement et s’assurer que les conditions sont réunies pour profiter des performances du nouveau système de chauffage, à commencer par l’isolation.

Installer de nouveaux radiateurs dans un logement mal isolé aura en effet des répercussions très limitées sur la consommation énergétique du foyer, et cela, peu importe la performance des équipements choisis.

Soumis à un devoir de conseil, l’électricien doit alors contrôler en amont l’isolation du logement, mais aussi les menuiseries et l’étanchéité du bâti, ainsi que la ventilation.

Concernant l’isolation, il s’agit avant tout de vérifier les combles, à l’origine de déperditions de chaleur importantes lorsqu’ils sont mal isolés. Il faut s’assurer que l’isolation est bien en place et qu’elle ne s’est pas affaissée.

Si l’isolation du logement n’est pas vérifiable visuellement, l’électricien peut recommander au client de faire intervenir une entreprise spécialisée pour réaliser une thermographie afin de déterminer l’état général du bâti.

Dans le cas où le logement ne serait pas isolé, ou présenterait une isolation insuffisante, l’électricien doit en informer son client et, éventuellement, lui recommander un professionnel qualifié pour faire les travaux.

* Baromètre énergie-Info 2020

** Indicateur du froid ressenti du médiateur national de l’énergie.

Votre navigateur est obsolète

Pour accéder à ce site, vous devez mettre à jour votre navigateur