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Les réseaux électriques intelligents, clé de voûte de la mobilité durable

Publié le 02 novembre 2017 - Modifié le 3 novembre 2017

Selon un rapport publié par l’Ademe, les véhicules électriques pourraient représenter 68 % des ventes de véhicules particuliers neufs en France d’ici à 2050. Moteur de ce développement, les collectivités doivent aujourd’hui intégrer les réseaux électriques intelligents à leur politique de mobilité durable afin que cette dernière soit efficace et leur permette de respecter les exigences de la transition énergétique. Explications.

Répondre aux nouveaux usages de l’électricité

En septembre 2017, près de 3 000 véhicules électriques particuliers et utilitaires ont été immatriculés en France, d’après l’Avere, soit une augmentation de 31,8 % par rapport à la même période en 2016. Au début de l’année, la France devenait le premier pays européen à franchir le cap des 100 000 véhicules électriques immatriculés, un parc « zéro émission » auquel il faut ajouter plus de 20 000 immatriculations supplémentaires réalisées depuis le mois de janvier.

L’intérêt des Français pour le véhicule électrique se retrouve aussi à l’international. Le marché mondial a en effet connu une croissance de 40 % des ventes entre juin 2016 et juin 2017.

Mais si la filière semble connaître un certain dynamisme dans notre pays, la part des véhicules électriques reste encore faible (0,25 %) dans un paysage automobile national qui voyait circuler 38,5 millions de voitures en 2016 (1). Pourtant, la mobilité durable est un des piliers du projet de transition énergétique qui mobilise l’ensemble des pouvoirs publics français depuis 2015 et le vote de la loi relative à la croissance verte.

Le secteur des transports a un impact environnemental très important. Il a concentré à lui seul 33 % de la consommation d’énergie finale de la France en 2015 et dégage 39 % des émissions totales de gaz à effet de serre, selon l’Ademe. C’est le domaine d’activité le plus polluant de notre économie.

Ce constat inquiétant a poussé l’agence à faire de la mobilité verte une des priorités de son scénario énergie-climat 2035-2050, préconisant une « transition rapide et profonde de nos modalités de déplacement » en faveur de moyens neutres en carbone.

Pour parvenir à réussir cette mutation, l’attention des acteurs publics doit se tourner vers les réseaux électriques intelligents. Les collectivités, aux avant-postes dans l’instauration du nouveau modèle énergétique français, doivent aujourd’hui favoriser le développement d’infrastructures capables de fournir les niveaux d’énergie qu’implique la transformation du parc automobile national.

Pour Enedis, le déploiement d’un réseau intelligent, ou « smart grid », est effectivement un prérequis fondamental pour être en mesure d’alimenter correctement des véhicules électriques qui, demain, se seront multipliés en masse. L’urgence est alors de trouver des solutions qui permettront d’honorer cette augmentation de la demande d’électricité et la diversification des usages du réseau sans nuire in fine à la fourniture d’énergie. Le réseau électrique intelligent s’impose alors comme une de ces solutions.

Qu’est-ce qu’un réseau électrique intelligent ?

Le réseau intelligent est un réseau électrique intégrant des technologies informatiques afin d’anticiper et de répondre aux besoins énergétiques de tous les acteurs connectés au réseau, qu’il s’agisse des consommateurs, des fournisseurs ou encore des distributeurs d’électricité. Ce système communicant permet de récolter et de faire circuler des données pour permettre de réguler le flux d’électricité en fonction de la demande.

Sur le terrain des véhicules électriques, les « smart grids » ouvrent notamment la voie de la recharge intelligente. La circulation de données concernant la demande d’électricité et sa production permet en effet d’envisager une programmation de cette recharge et de l’ajuster selon les besoins de l’utilisateur et la quantité d’énergie disponible.

Le réseau intelligent va également utiliser le véhicule électrique comme batterie de stockage d’énergie dans laquelle il est possible de puiser en cas de forte demande. Une collectivité peut alors se servir de sa flotte verte pour s’assurer une source d’énergie complémentaire.

Par exemple, la ville de Paris pourrait compter sur ses Autolib pour supporter en partie les pics de consommation d’électricité. La capacité de stockage des batteries de ces véhicules en libre-service serait en mesure de couvrir pendant une journée les besoins d’électricité moyens de 8 000 foyers français.

Les collectivités : premier acteur de la recharge publique

L’essor des véhicules électriques est grandement lié au développement d’un réseau d’infrastructures de recharge (IRVE). Et si 9 conducteurs de véhicules électriques sur 10 effectuent leur recharge à domicile, certains besoins requièrent l’utilisation d’infrastructures publiques.

Les collectivités jouent un rôle majeur dans le déploiement des stations de recharges publiques, dont le nombre s’élèvent à 7 300 aujourd’hui. Elles contrôlent plus de 50 % des réseaux et 19 % des services d’autopartage. Au 1er septembre 2017, plus de 20 000 bornes de recharge publiques étaient installées en France, soit une augmentation de 35 % par rapport à la même période en 2016.

Les expérimentations se multiplient

Les collectivités sont au cœur du développement de l’électromobilité et nombreuses sont celles qui ont compris que la transition souhaitée dans ce domaine passe par des actions concrètes en faveur des réseaux intelligents.

Fin 2016, 120 projets « smart grids » étaient recensés en France. Sur le terrain des expérimentations, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur fait figure de locomotive avec son projet Flexgrid. Porté par les collectivités, les PME et les industriels de la région PACA, ce projet fait partie des lauréats de l’appel à projets national pour le déploiement à grande échelle des Réseaux Électriques Intelligents lancé par le gouvernement en 2015.

Financé à hauteur de 200 millions d’euros, le projet Flexgrid doit permettre à la région Provence-Alpes-Côte d’Azur de devenir la première « smart région » d’Europe, selon Bernard Kleynhoff, Président de la CCI Nice Côte d’Azur. Articulé autour de plusieurs infrastructures, ce projet permettra d’optimiser la distribution d’électricité et d’analyser les problématiques en lien avec la gestion des données ou encore l’intégration des énergies propres et des véhicules électriques.

Pour continuer d’avancer sur les réseaux intelligents, la région PACA a récemment noué un partenariat durant l’European Utility Week avec deux autres régions actives sur le sujet, à savoir la Bretagne et les Pays de la Loire.

« Ce rapprochement marque une volonté politique forte de ces trois Régions pilotes d'avancer ensemble en faveur de la transition énergétique de leurs territoires » expliquent de concert les trois régions par voie de communiqué. « Au travers de leurs projets respectifs Smile et Flexgrid, elles entendent fédérer un très large panel de réalisations et de savoir-faire innovants et complémentaires favorisant les flexibilités énergétiques, la mobilité électrique ou les productions d'énergies renouvelables. »

SMILE : près de 180 partenaires réunis pour bâtir un « smart grid » dans l’Ouest de la France.

Lancée fin 2016 par les régions Bretagne et Pays de la Loire, l’association SMILE (SMart Ideas to Link Energies) a pour ambition de développer, d’ici à 2020, un réseau électrique intelligent sur quatre départements (Morbihan, Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique et Vendée). Pour ce faire, l’association comptait en juin 177 acteurs privés et publics investis dans le projet. Professionnels de l’énergie, collectivités territoriales, organismes bancaires, centres de recherche, tous œuvrent pour mettre au point les technologies et les services qui permettront de faire face aux défis sociétaux et environnementaux de demain.

(1) Source : Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

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