Par conception, les installations électriques neuves rassemblent toutes les protections dans le ou les tableaux de répartition. Mais dans certaines configurations, cette règle peut se révéler contraignante lorsque le tableau de répartition ne peut accueillir de nouvelle protection ou oblige à ajouter une rangée. Heureusement, la norme NF C15-100-1 a prévu une dérogation utile aux règles de protection, appelée la règle de trois mètres. Promotelec vous explique tout.

Un projet de construction de piscine ou un projet photovoltaïque, alimentation d’une cabane de jardin ou d’un appentis ? Ces projets nécessitent l’ajout d’un tableau ou d’un circuit pour alimenter et protéger le local technique du bassin ou le coffret AC d’une ’installation PV. Problème, le tableau principal est peut-être déjà complet. Heureusement la règle des trois mètres permet d’ajouter ce nouveau circuit sans modifier le tableau existant.

La règle des trois mètres expliquée

La protection contre les surintensités est traitée dans la partie 4-43 de la NF C15-100-1. Concernant les dérivations avec réduction de la section de câble ou tout autre changement « de nature, de mode de pose ou de constitution », la norme indique qu’un « dispositif assurant la protection contre les surcharges doit être placé à l'endroit où un changement de section […] entraîne une réduction de la valeur du courant admissible dans les conducteurs » (art. 433.2.1). »

Mais le même article introduit une dérogation pour des raisons de commodité pratique d’utilisation, la fameuse règle des trois mètres. Concrètement, cette règle permet de déporter le dispositif de protection à une distance de 3 mètres en aval de l’endroit où se situe un changement de section, de nature, de mode de pose ou de constitution du conducteur.

Il est donc possible de placer la protection APRÈS la réduction de section, au prix du strict respect des conditions suivantes :

  • La longueur de la section n’excède pas trois mètres
  • Elle ne comporte ni dérivation, ni prise de courant ;
  • Elle est protégée contre les courts-circuits, notamment en renforçant si nécessaire la protection mécanique ou la protection contre les influences externes ;
  • Elle n’est pas placée à proximité de matériaux combustibles

Cas d’illustration

Title 3 : Exemple 1 : Projet piscine : adjonction d’un tableautin pour le local technique du bassin.

Hypothèse de départ : le tableau de répartition, placé dans le garage, est complet, le pisciniste doit installer un tableautin à proximité pour alimenter le local technique du bassin, collé au garage.

Solution :

Cas 1 : la longueur du câble entre le tableautin du local piscine et le tableau de consommation est inférieure à 3 mètres. Grâce à la règle des 3 mètres, il lui est possible de raccorder directement des conducteurs de 6mm² au départ du tableau principal et d’installer la protection 32 A en tête du tableautin dans le local technique.

Cas 2 : la distance est supérieure à 3 m, il y a obligation de placer une protection au niveau du tableau de répartition principal.

Exemple 2 : adjonction d’un coffret AC pour une installation PV relié au tableau principal.

Hypothèse de départ : le disjoncteur de branchement et le tableau électrique de la maison sont situés dans le garage. Le tableau électrique de l’installation photovoltaïque doit être installée à proximité du tableau électrique de consommation de la maison.

Solution : le courant alternatif (220V) provenant de l’onduleur des panneaux photovoltaïques situés sur la toiture est protégé par une protection 32A placé dans le coffret électrique photovoltaïque avant d’être raccordés au tableau de consommation. Dans cette situation les conducteurs de courant venant du tableau PV sont bien protégés.

Mais qu’en est-il du courant du réseau circulant dans les conducteurs du tableau de consommation vers le tableau PV. Faut-il les protéger également dans le tableau de consommation ?

Solution :

Cas 1 : la longueur du câble entre le tableau de consommation et le tableau AC de l’installation PV est inférieure à trois mètres, dans ce cas il n'est pas nécessaire de mettre une protection contre les surintensités.

Cas 2 : la distance supérieure entre les deux tableaux est supérieure à trois mètres. Dans ce cas, il y a obligation de protéger ces conducteurs, la protection contre les surintensités n'étant plus assurée.

Vous pourrez retrouver le détail de ces dispositions dans l’Officiel I de l’Électricité – Installations électriques des bâtiments neufs, en vente sur notre boutique Amazon et dans la partie 4 de la norme NF C15-100-1 en vente sur le site de l’AFNOR.

La règle des trois mètres en résumé

C’est une règle de distance qui permet de placer la protection contre les surcharges après le point d’une dérivation avec réduction de section à la condition que ce segment soit sécurisé contre les risques mécaniques et les risques de courts-circuits et d’une longueur de trois mètres maximums.

Librairie Officiel
Afnor : 
https://www.boutique.afnor.org/